Port d’Alger. Saisie de trois conteneurs de produits pyrotechniques

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Coup de filet au port d’Alger : les services des Douanes ont saisi, dimanche, au sein de cette importante infrastructure portuaire, trois conteneurs de produits pyrotechniques, a indiqué la direction générale des Douanes à l’APS. Cette marchandise prohibée a été ramenée de Chine via l’Espagne (Valence). Les trois conteneurs avaient été déclarés comme transportant de la quincaillerie. Le contrôle par scanner a révélé la présence de produits pyrotechniques, a précisé la même source. Les services des Douanes ont estimé à 150 millions de dinars la valeur de la marchandise saisie, soit 50 millions pour chaque conteneur de 40 pieds. Les produits pyrotechniques sont généralement importés avec des registres du commerce empruntés et sont souvent dissimulés dans des conteneurs de marchandises objets de fausses déclarations. Cette importation frauduleuse a été réalisée à quelques jours de la célébration du Mawlid Enabawi, période durant laquelle le commerce des produits pyrotechniques est particulièrement florissant. Généralement, ces produits proviennent de Chine, principal producteur de pétards et autres feux d’artifice, et des pays voisins servent de zones de transit. L’intérêt grandissant pour ce créneau prohibé est motivé par les gains énormes que procure le commerce informel de ces produits. Pour un conteneur de pétards d’une valeur de 2 millions de dinars, les profits réalisés peuvent atteindre les 28 millions, selon des estimations avancées par les Douanes. Durant le premier semestre 2011, les services des Douanes ont procédé à la destruction de plus de 78 millions d’unités pyrotechniques, du simple pétard jusqu’au fusil de divertissement pouvant occasionner de sérieux dégâts.  

Grogne des directeurs et des inspecteurs à Béjaïa

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Après les enseignants et les corps communs, c’est à l’encadrement du secteur d’enclencher un mouvement de protestation. Les directeurs du moyen ont observé hier, hier, un sit-in devant la direction de l’éducation. La section syndicale UGTA dont ils relèvent a rendu publique une plateforme de revendications en 14 points, dont la teneur est essentiellement la révision de la classification (est réclamée la catégorie 16) et des primes y afférentes, la relation de travail avec la DE, le mode de qualification et de mouvement, l’équité dans les dotations budgétaires et matérielles et la résolution du problème du logement.  Les inspecteurs du primaire se sont aussi mis de la partie pour revendiquer, dans une lettre envoyée à la tutelle, leur classification à la catégorie 17, des possibilités de promotion, l’attribution de primes de formation et inhérentes aux tâches administratives exécutées, l’inscription dans des programmes internationaux de perfectionnement et d’échange, l’ouverture de nouvelles inspections dotées des moyens humains adéquats, suffisants et fonctionnant dans un cadre autonome par rapport à la DE. Ils requièrent enfin le droit de disposer  d’un logement. Comme pour souligner leurdétermination, ils déclarent une suspension des activités administratives, des séminaires et réunions à partir du 15 janvier passé et ce, «jusqu’à satisfaction» de leurs revendications.  

Appel du snapap et de SOS Disparus

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Après la levée formelle de l’état d’urgence, le régime s’est engagé dans une série de modifications législatives qui vont dans le sens d’un plus grand verrouillage de la vie publique. Devant cet état de fait, nous, le Snapap et SOS Disparus, appelons à une rencontre le 28 janvier 2012 à Alger pour débattre de la situation. Au cours de cette réunion, nous échangerons des informations, des réflexions et des propositions en vue d’actions communes.  Les associations, syndicats et mouvements qui souhaitent participer à cette réunion sont priés de prendre contact avec les organisateurs en écrivant à l’adresse suivante : 28janvier2012@gmail.com.

Des lycéens s’interrogent sur l’assassinat de Boudiaf

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Puisque vous êtes les amis de Mohamed Boudiaf, pourquoi vous ne demandez pas aux autorités la réouverture du dossier relatif à l’enquête sur son assassinat ?» Cette question n’a pas été posée par un magistrat, ni par un avocat, ni par un politicien. C’est un jeune lycéen algérois qui, lors d’une conférence tenue hier à Alger, l’a posée à Tayeb Thaâlibi, l’un des compagnons de l’ex-président algérien, lâchement assassiné le 29 juin 1992 à Annaba. Cette journée avait marqué la fin d’un espoir. L’association Mechaâl Echahid (Flambeau du martyr) a organisé une journée de commémoration en l’honneur de Mohamed Boudiaf, un des membres fondateurs du FLN historique et ancien ministre au sein du GPRA. Devant une assistance composée de lycéens, les intervenants invités sont revenus sur les faits d’armes du défunt Mohamed Boudiaf et sur son parcours de militant (PPA, MTLD). Tayeb Thâalibi, qui indique être un très bon ami de Boudiaf, a récité, sans apporter quelque chose de nouveau, les principales actions menées par l’un des leaders de la guerre de Libération nationale et figure de proue du nationalisme algérien. Lors de la séance questions-réponses, plusieurs élèves ont dérangé avec leurs interrogations les hôtes de la conférence, dont celles relatives à l’assassinat de Mohamed Boudiaf, survenu le 23 juin 1992, lors de la rencontre des cadres à Annaba. Bien évidemment, les intervenants ont opté pour l’esquive. Les élèves sont restés sur leur faim. Beaucoup d’entre eux promettent d’entamer individuellement des recherches sur la vie de Mohamed Boudiaf et les circonstances de son assassinat. Certains ont même regretté l’absence du fils du défunt, Nacer Boudiaf. «Il vient de publier un livre si je ne me trompe pas», indique un élève. «Oui et il est le seul à demander une nouvelle enquête sur la mort de son père», répond son camarade. Comme prévu, aucun responsable algérien n’a assisté à la commémoration. Ni le ministère des Moudjahidine, ni la Présidence, ni le ministère de la Défense n’ont envoyé de représentant.  

Une attribution définitive et des interrogations

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Une année après son lancement, l’appel d’offres national et international de la PCH pour l’approvisionnement en médicaments a été définitivement attribué, hier, aux principaux fournisseurs retenus sous le contrôle de Djamel Ould Abbès, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Des produits, près d’une trentaine, dont les dossiers d’enregistrement n’ont été introduits qu’après l’ouverture des plis, contrairement aux dispositions du cahier des charges de la PCH adopté par le conseil d’administration en 2010 et le code des marchés publics sur instruction du chef de cabinet du ministre de la Santé. Outre la violation de cette mesure réglementaire, les prix affichés et publiés des produits en question, dont certains «restent douteux», selon une source proche du dossier, sur le site de l’ANDS sont loin d’être compétitifs. D’ailleurs un problème a opposé certains responsables de la direction de la pharmacie dont les prérogatives sont actuellement réduites au secrétaire général et la signature est léguée à celui-ci. «Des produits ont été enregistrés en cinq mois et uniquement pour ce marché. Ce qui n’a jamais été fait par le ministère de la Santé. D’ailleurs, on n’enregistre jamais des médicaments avec une telle précipitation où des erreurs sont déjà à signaler sur certains produits, que ce soit pour les noms des DCI et les dosages», nous confie notre source. Censés être des génériques ou des bio-similaires dont ces derniers ne bénéficient d’aucune réglementation en Algérie, ces produits doivent obligatoirement être 30% moins chers que les produits princeps. Une étude comparative des prix de la liste de ces produits publiés sur le site de l’Agence nationale de documentation de la santé (ANDS) qui relève du ministère de la Santé montre que les prix de ces produits, enregistrés sous pression, ne risquent pas de faire des économies à la PCH et réduire la facture de l’importation des médicaments, comme cela a été longtemps souhaité par les pouvoirs publics. Le générique au prix du princeps !Dans le rang des médicaments anticancéreux, deux produits sont concernés. Il s’agit du Rituximab connu par son nom commercial Mabthera, indiqué dans le traitement de la maladie de Hochkin, un cancer du sang. Ce produit est attribué au laboratoire Roche à un 1890 CHF (150 000 DA), tandis qu’un produit fabriqué au Mexique, qui a bénéficié d’un enregistrement dans le cadre de ce marché pour le conditionnement secondaire à Pharmaghreb est cédé à 139 421 DA, soit à peine 7% moins que le princeps. «A rappeler que ce produit est enregistré pour le conditionnement secondaire alors que le conditionnement primaire est interdit depuis une année», relève notre source. Ce produit est présenté sous forme de deux dosages 100 et 500. Le premier (Rituximab 100 est 50% plus cher que le princeps alors qu’il devait être 30% moins, soit au maximum 46 000 DA et il n’était pas enregistré avant l’ouverture des plis. Le deuxième dosage, à savoir le 500, également conditionnement secondaire non enregistré à l’ouverture des plis est à peine 7% moins cher que le princeps alors qu’il ne peut dépasser 116 000 DA, si le principe du générique est appliqué. Un autre anticancéreux, Capecitadine, figure sur la même liste, attribué à un tiers à Intas dont le prix n’est que 12% moins cher que le produit qui était déjà enregistré. Comme il s’agit également d’un produit prescrit pour les effets secondaires de la chimiothérapie (vomissements), OndanSetron de Sun Pharma, dont un rapport de la pharmacovigilance a recommandé son retrait en raison de sa mauvaise qualité, a été finalement retenu dans ce marché. Les dérivés du sang originaires de Chine ou d’Inde, des produits, censés être soumis à des contrôles stricts et minutieux pour risque de contamination VIH hépatite C et B, ont remporté également le marché au détriment de ceux qui étaient enregistrés. Le cas de l’albumine 50 ml et 100 ml du laboratoire Reliance, originaire d’Inde, un dérivé du sang, dont le différentiel de prix n’excède pas les 3% avec un produit enregistré en Algérie et en provenance d’Allemagne. C’est également le cas du facteur 8 importé d’Inde évoqué dans nos précédentes éditions. Le cas du bio-similaire issu de la biotechnologie dont le débat est actuellement lancé, l’ertytropoiétine 2000 cédé à deux tiers à Reliance moins cher de 10% que le produit du laboratoire émirati Julphar enregistré. Un marché, rappelle-t-on, était prévu pour l’exercice de l’année 2011 et ces produits ont été enregistrés en janvier 2012. L’approvisionnement des hôpitaux en certains médicaments contenus dans ce marché a dû être retardé à cause justement de cette liste de produits.    

Trois anciens ministres créent un parti

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Un nouveau parti vient de naître. Il s’agit de l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS). Cette formation est créée par trois anciens ministres, à savoir Noureddine Bahbouh (ex-ministre de l’Agriculture), Mouldi Aïssaoui (ex-ministre de la Jeunesse et des Sports) et Abdelaziz Ben M’hidi (ex-ministre du Tourisme). Il figure aussi parmi l’équipe fondatrice de ce nouveau parti, l’ancien membre de l’UGTA, Nouasri Aïssa. «Nous avons déposé notre dossier de demande d’agrément aujourd’hui (hier ndlr). Nous avons attendu la promulgation de la loi sur les partis pour le faire», nous déclare Noureddine Bahbouh, contacté hier. Selon lui, le dossier déposé au ministère de l’Intérieur «remplit toutes les conditions exigées par la loi». «Nous avons également des représentants dans 16 wilayas», ajoute-t-il. L’UFDS est, explique-t-il, «un parti démocratique et républicain». «Nous allons organiser une conférence de presse pour expliquer notre programme. Nous sommes un parti qui va militer pour le changement et l’alternance au pouvoir», souligne-t-il. En attendant le quitus du ministère de l’Intérieur, les responsables de l’UFDS se disent prêts à prendre part aux prochaines législatives. «Nous avons rempli toutes les conditions pour avoir notre agrément. Maintenant, nous devons attendre. Mais sommes prêts à présenter des listes dans toutes les wilayas», dit-il.     

Boualem Bessaïh et le fait du prince

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Les lois organiques publiées dans le Journal officiel n°1 du 14 janvier 2012 sont-elles viciées ? La loi relative au régime électoral, celle fixant les cas d’incompatibilité avec le mandat parlementaire et enfin celle fixant les modalités augmentant les chances d’accès de la femme à la représentation dans les assemblées élues viennent de passer sous la lorgnette du Conseil constitutionnel qui, d’ailleurs, a émis des avis publiés dans le même JO.   Ces textes censés traduire la volonté de réforme ont suivi le chemin conventionnel des institutions, à savoir le Conseil des ministres, les deux Chambres parlementaires et enfin le Conseil constitutionnel, en attendant la signature par le président de la République. Cependant, l’une de ces institutions, à savoir le Conseil constitutionnel, souffre d’illégitimité depuis que le mandat du tiers de ses membres a expiré, rendant ainsi nul et non avenu l’ensemble de ses actes. Le président du Conseil, Boualem Bessaïh, désigné le 26 septembre 2005 pour un mandat unique de six ans, a signé les lois en question alors que, conformément à la Constitution, il ne fait plus partie de ce Conseil depuis le 25 septembre 2011. Pour les juristes, il est devenu une tierce personne au sein de l’institution, ayant perdu de facto sa qualité ainsi que sa compétence temporelle. Idem pour Farida Laâroussi et Mohamed Habchi, deux membres du Conseil, qui en compte neuf. L’article 164 de la Constitution stipule en effe que «le président de la République désigne, pour un mandat unique de six ans, le président du Conseil constitutionnel. Les autres membres du Conseil constitutionnel remplissent un mandat unique de six ans et sont renouvelés par moitié tous les trois ans». Les trois magistrats dont le mandat a expiré devaient donc se retirer d’eux-mêmes, mais ils ne l’ont pas fait, jouant ainsi les prolongations en violation de la loi. En effet, tout acte et tout avis émanant du Conseil et auquel prennent part ces magistrats sont en contradiction avec la Constitution. Respect de la constitution   Paradoxalement, ils sont chargés de veiller au respect de cette même Constitution (article 163). Pourquoi n’a-t-on pas remplacé ces membres ? Qu’est-ce qui justifie l’entêtement du président de la République à garder Bessaïh malgré l’absence d’un appui juridique ? Dans le jargon des juristes, cela s’appelle le fait du prince. Dans le cas du président algérien, il s’agit d’une pratique fréquente. Avant le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes et l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption ont attendu des années durant avant que Bouteflika ne daigne désigner leurs responsables. Pour Me Boudjemâa Ghechir, cela fait partie du mode de gouvernance à l’algérienne : «Nous sommes devant une situation d’illégitimité totale des institutions. Ils se moquent des Algériens et ne veulent pas construire un Etat de droit. Ils font ce qu’ils veulent.» Il est vrai que Bouteflika a toujours affiché son mépris envers la Constitution dont il a héritée. Est-ce pour autant une raison pour la violer ? Les lois organiques et toutes les fetwas qui seront produites dans ces conditions seront viciés, c’est-à-dire sans valeur juridique et sans force exécutoire. Peut-on accorder confiance à la suite du processus des réformes et aux institutions qui naîtront des prochains rendez-vous électoraux ?

Météo. Des pluies assez marquées affecteront plusieurs wilayas

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Des pluies assez marquées, parfois sous forme d’averses orageuses, affecteront plusieurs wilayas de l’ouest et du sud du pays durant les prochaines 48 heures, a indiqué hier l’Office national de la météorologie (ONM) dans un bulletin météorologique spécial (BMS). Selon le bulletin, dont la validité est en cours jusqu’à aujourd’hui 18h, les pluies toucheront les wilayas de Tlemcen, Oran, Aïn Témouchent, Mostaganem, Sidi Bel Abbès, Saïda et Naâma. Les cumuls estimés, durant la validité du bulletin, atteindront ou dépasseront 40 mm localement, a précisé la même source. Les pluies affecteront également la wilaya d’El Bayadh, le nord  d’Adrar et la partie est de Béchar, aujourd’hui de 6h à 21h. Les cumuls estimés atteindront ou dépasseront localement 30 mm, selon  le BMS. Le bulletin a annoncé également des pluies à Ghardaïa et au sud de Ouargla,  aujourd’hui à midi et ce jusqu’à demain à 21h. Les cumuls estimés atteindront ou dépasseront 60 mm localement ces deux wilayas, d’après le bulletin. 

«En Syrie, on a menacé de m’égorger»

La fracassante démission du journaliste et écrivain algérien Anouar Malek, le 6 janvier, de la mission d’observateurs de la Ligue arabe en Syrie a mis à mal le régime de Damas, la Ligue arabe et même les autorités algériennes. Dans cet entretien exclusif à El Watan, il répond aux déclarations de Mourad Medelci et aux accusations du général soudanais Eddabi, chef de la mission. -Comment avez-vous participé à la mission d’observation en Syrie et sous l’égide de quelle ONG ? J’ai été choisi par le Comité arabe des droits de l’homme, dont le siège est à Paris, pour représenter l’ONG dans cette mission humanitaire. Je n’ai pas hésité à accepter cette offre car j’ai vu dans cette participation ma contribution à l’instauration de la paix en Syrie, un pays très cher à mon cœur. -Combien y avait-il d’observateurs algériens au sein de cette mission ? J’étais dans le premier groupe qui a quitté Le Caire pour Damas le 26 décembre dernier, et qui comprenait environ cinquante observateurs représentant plusieurs pays dont l’Algérie, la Tunisie, l’Irak, la Mauritanie, le Soudan, Djibouti, le Maroc et l’Egypte. A ce moment-là, l’Algérie avait envoyé six responsables, trois lieutenants-colonels et trois représentants du ministère des Affaires étrangères, qui ont été rejoints par quatre autres Algériens. En tout, la mission officielle algérienne comprenait dix responsables, répartis entre la banlieue de Damas, Deraa, et Alep. -Que répondez-vous à Mourad Medelci qui a clairement fait entendre que vous ne représentiez pas l’Etat algérien ? Vous attendiez-vous à une telle réaction ? J’ai été surpris par les termes employés par le ministre algérien des Affaires étrangères. Comme s’il m’enlevait ma nationalité algérienne, alors que je n’ai pas d’autre nationalité. Il aurait fallu que M. Medelci dise : «Anouar Malek est Algérien, mais il ne fait pas partie de la délégation officielle du gouvernement algérien.» Ses propos illustrent une défense franche du régime de Bachar Al Assad. Il est vrai que je ne représente pas le gouvernement. Et cela ne m’honorerait pas de représenter un gouvernement dont le ministre des Affaires étrangères est Mourad Medelci, parce qu’on l’a vu à plusieurs reprises commettre de graves erreurs qui font honte à la diplomatie algérienne. La première personne à s’être désolidarisée de ma position a malheureusement été M. Medelci, alors que le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid Al Mouallem, n’a même pas réagi. A mon tour et en tant qu’observateur, je me désolidarise complètement des propos de M. Medelci sur la situation en Syrie. Des propos en complète contradiction avec la réalité du terrain. Je ne sais pas quelles sont les sources de ce ministre ; si ces sources proviennent de la Ligue arabe, j’ai déjà affirmé que tous les rapports envoyés sont mensongers. Si ces sources sont des membres de sa propre délégation en Syrie et si elles affirment qu’elles ont une autre opinion que la mienne, alors cela décrédibilise encore plus la mission des observateurs. Car cela signifie qu’ils obéissent à leur propre gouvernement et non au protocole de la Ligue arabe. Par ailleurs, les premières vidéos à avoir filtré étaient celles du commandant Achour, de la délégation officielle algérienne, où l’on voit clairement des snipers à Deraa, des scènes dont le général Mohammed Ahmed Mustapha Eddabi, chef de la mission des observateurs, a démenti l’existence. De toute manière, M. Medelci s’est lui-même décrédibilisé ainsi que son propre ministère. Encore une fois, il fragilise la position officielle du régime. -Que répondez-vous au chef de la mission d’observation qui vous reproche de n’avoir pas quitté votre chambre pendant six jours ? Ce sont les chaînes satellitaires qui lui ont répondu, à chaque fois qu’elles diffusaient une vidéo où l’on me voyait en sa compagnie dans les quartiers de Homs où j’accomplissais ma mission de manière tout à fait normale ! Même les chaînes satellitaires syriennes et d’autres chaînes arabes pro-Al Assad qui m’attaquaient ont montré, elles aussi, des vidéos où j’apparais dans plusieurs quartiers de Homs. J’ai passé seize jours à Homs et j’ai été le premier, en compagnie d’Eddabi, à entrer dans le quartier de Baba Amrou. Nous y sommes restés deux jours consécutifs. Ce fut notre première sortie sur le terrain. Et ce même Eddabi prétend que j’ai passé six jours dans ma chambre d’hôtel ! Alors, qu’ai-je fait durant les dix autres jours ? J’ai également publié mes observations sur ma page facebook le matin du vendredi 6 janvier 2012. Et cette page a été piratée le jour même, après que les médias aient repris les informations. J’ai tout de suite gelé mon travail au sein de la mission jusqu’à mon départ de Homs lundi 9 janvier au matin. A propos de ma prétendue maladie, j’ai juste attrapé une grippe, comme mes autres collègues de la mission, et c’était pendant la période où j’avais démissionné. Le plus surprenant est arrivé le samedi 7 janvier : la Ligue arabe a démenti la fermeture de ma page facebook en prétendant que je suis ambassadeur et que je m’appelle Anouar Abdelmalek Ahmed. Cela est arrivé parce qu’Eddabi m’a contacté alors que j’étais dans ma chambre et il m’a questionné sur ma page facebook fermée. Je lui ai répondu que je n’étais pas au courant parce que je n’avais pas internet dans ma chambre, mais il ne m’a plus contacté par la suite. Les accusations d’Eddabi l’ont mis à nu et corroborent tout ce que j’ai dit à propos de cette mission inefficace, d’un niveau ridicule, qui ne correspond pas à une très grande mission dont dépend l’avenir de tout un pays et de la région. -Avez-vous reçu des menaces ? Le vendredi 6 janvier, suite à la publication de mes observations sur facebook, j’ai reçu plus de dix appels anonymes me menaçant d’être «égorgé». Et le jour où nous avons, avec mes collègues, quitté Homs pour Damas, des snipers ont tenté de nous tuer. Heureusement, seule notre voiture et celle de notre protection ont été touchées. Chose bizarre, nos accompagnateurs nous ont emmenés sur une route, à côté du quartier de Baba Amrou, alors que ce n’était pas notre chemin habituel. Le régime voulait nous convaincre que c’était l’armée libre syrienne basée à Baba Amrou qui avait tenté de nous tuer. Or, nous avons essuyé des tirs alors que nous nous trouvions sur un pont proche de l’université du Baas. Un barrage de chebihas (milices armées civiles pro-régime, ndlr) nous séparait du quartier de Baba Amrou ainsi que des maisons, toutes occupées par l’armée syrienne et les snipers. Un professeur d’université m’a personnellement informé qu’il avait vu des snipers en train de se préparer sur le toit d’une maison, un quart d’heure avant notre passage. Après avoir démissionné et après mes déclarations à Al Jazeera, j’ai reçu des appels téléphoniques anonymes de chantage. On me menaçait de publier des photos de moi dans la salle de bains de ma chambre de l’hôtel Essafir, à Homs ! -Est-ce que d’autres observateurs ont démissionné ? Oui. Avant moi, d’autres étaient déjà partis quand je me trouvais encore à Damas. Le lundi 9 janvier, le docteur Abdelhamid Elouali a quitté la mission. Il avait, dans une réunion le 27 décembre dernier, très violemment critiqué la mission en la qualifiant de «mascarade». Pendant ce temps-là, le général Eddabi était occupé au téléphone. Le Marocain l’a interpellé : «Il est très mal élevé de rester au téléphone quand quelqu’un vous parle.» Un Tunisien a aussi demandé à quitter la mission, mais je ne connais pas la suite. L’Egyptien Ahmed Abdallah Khalil et le Djiboutien Mohamed Houcine Omar ont quitté la mission avec moi et je sais que d’autres ont menacé de se retirer si les choses restaient en l’état. -Quelles ont été vos conditions de travail sur place ? Qu’est-ce qui vous a le plus choqué ? Il n’y avait aucune condition spécifique de travail. Nous avions un protocole à suivre, mais sur place, il n’était pas respecté. Nous souffrions du manque de moyens. Nous devions prendre les communications téléphoniques à notre charge. Nous n’avions même pas droit à un bureau alors qu’il était convenu que des locaux seraient mis à notre disposition pour accueillir les citoyens. Nous sommes restés dans l’hôtel, gardés et surveillés par les services secrets, où l’on ne pouvait rencontrer que les pro-régime et des personnes embrigadées qui nous racontaient des contrevérités. La mission d’observation aurait dû travailler dans la sérénité. Depuis notre arrivée, les tirs de balle n’ont pas cessé. Le régime continuait à bombarder les quartiers à l’artillerie lourde et nous écoutions tout cela sans pouvoir rien faire. Ce qui m’a le plus choqué, ce sont les assassinats qui ciblaient même les enfants. Nous avons vu un cadavre dépecé. C’était un citoyen du quartier de Baba Amrou, qui avait été arrêté puis rendu à sa famille dans un état que l’esprit humain ne peut même pas imaginer. Les tirs de snipers étaient continuels, contrairement à ce qu’avait promis le gouvernement syrien. Sous le choc de tous ces terribles crimes, je trouvais très dangereux que les rapports envoyés à la Ligue arabe ignorent beaucoup de questions sensibles. Ce qui m’a confirmé que plusieurs pays arabes étaient complices du régime de Bachar Al Assad. Le président de la mission, le général Eddabi, n’a choisi que des personnalités proches des régimes pour présider les groupes sur le terrain. Il a complètement ignoré les éléments issus des ONG et les voyait même comme des ennemis. Il faut souligner que notre protocole de travail a été rédigé dans les beaux salons de la Ligue arabe, loin de la réalité humanitaire tragique. Son application était donc impossible. Par exemple, le gouvernement syrien était chargé de notre sécurité, mais notre escorte – les services de sécurité syriens – ne pouvaient entrer dans la plupart des zones chaudes, comme à Baba Amrou. L’escorte nous disait : «Allez-y, assumez vos responsabilités.» Et lorsque nous rencontrions des difficultés, souvent à cause des snipers, cette même escorte nous accusait d’avoir commis une erreur en voulant entrer dans ces quartiers. Alors, comment appliquer un protocole qui nous demande de dialoguer avec les gens lorsque nous nous trouvions dans des quartiers détruits, sinistrés, face à une situation humanitaire catastrophique ? -Pourquoi, selon vos déclarations, la Ligue arabe a-t-elle produit de faux rapports et quelles en ont été les sources ? Le problème a commencé à cause de certains chefs de groupe, plus précisément le groupe A et le groupe B, à Homs. Le premier – dans lequel je me trouvais – était dirigé par le colonel Abdallah, des services secrets soudanais ; le second était dirigé par une jeune Irakien, Ammar Djaber Abas, fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères irakien. J’ai lu les rapports envoyés à la salle des opérations à Damas. Et j’ai trouvé que ces rapports étaient vides et ignoraient beaucoup de choses, comme par exemple le non-retrait des blindés militaires ou l’emploi de la violence contre les civils, etc. Le général Eddabi a raconté aux médias des contrevérités. Par exemple, le 25 décembre, il a déclaré que la situation à Homs, après notre visite, était calme, alors que nous avons assisté à des tirs de snipers. On nous a tiré dessus et l’artillerie bombardait des quartiers. Tout cela a corrompu le travail de la mission et a causé un très grand tort au peuple syrien et à la noble mission pour laquelle nous étions là-bas. -Qu’en est-il des groupes armés de l’opposition ? Il n’y a pas de groupe armé. Il y a une armée libre dont les chefs sont des officiers dissidents qui obéissent à leur propre loi. Mais ils ont avec eux, aussi, des volontaires qui portent des armes. J’ai rencontré Abderrezak Talas, un des officiers dissidents les plus connus, dans une maison abandonnée, à Baba Amrou. Je l’ai questionné à propos de ces civils armés. Il m’a expliqué que les militaires dissidents ont besoin des habitants du quartier pour mieux les protéger parce que la plupart des militaires ne sont pas issus de ces villes-là. C’est pour cela qu’ils ont ouvert la voie à des volontaires, mais de manière très contrôlée. Je précise que depuis notre arrivée à Homs, les éléments de l’armée libre nous avaient promis une trêve et l’ont respectée. Et cela, malgré les bombardements incessants de l’armée régulière. J’affirme ici que l’armée libre est en situation de défense des quartiers et que sans sa présence, des quartiers entiers auraient été exterminés. -Comment voyez-vous l’avenir de la Syrie ? La Syrie se dirige vers une guerre civile. Tant que le régime persiste à employer tous les moyens militaires pour enterrer la révolte populaire. Et tant que le régime de Bachar Al Assad tente d’allumer la mèche du lien confessionnel en misant sur le soutien de la communauté alaouite et en pariant sur la victimisation de la minorité chrétienne. C’est pour cela que les assassinats et les kidnappings ciblent aussi les familles alaouites et les chrétiens. J’ai vu de mes yeux les cadavres du colonel à la retraite Amir Roger et de son fils Hani, assassinés le 5 janvier. D’après mon expertise militaire, j’ai constaté que les munitions utilisées étaient les mêmes que celles utilisées contre les civils dans les quartiers révoltés : des balles explosives. Je souhaite tout le bien pour la Syrie. C’est un beau pays, un grand peuple, mais dommage, dirigé par le sinistre régime de Bachar Al Assad.  

Terrorisme (Boumerdès) : Deux accusés écopent de 12 ans de prison ferme

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Deux individus – B.S.Hocine (30 ans) et C.Ahmed (53 ans)-  ont été condamnés lundi à une peine de 12 ans de prison ferme par le tribunal criminel siégeant à la cour de Boumerdès.  Les mis en cause, originaires des wilayas de Batna et Tébessa, avaient déjà été condamnés à la même peine en 2007. Ils ont été poursuivis pour adhésion à un groupe terroriste, détention de documents subversifs et transport d’arme prohibée. Les fais de l’affaire remontent au mois de juin 2006. Les inculpés ont été arrêtés à bord d’un véhicule Mercedes dans un barrage de la gendarmerie nationale dressé près de Tidjllabine, à 3 km au sud de Boumerdès. Les gendarmes avaient découvert à l’intérieur du véhicule un pistolet automatique, des documents faisant l’apologie du terrorisme et une somme de 5 millions DA. Les accusés auraient avoué lors de leur interrogatoire qu’ils avaient été chargés par un émir sévissant dans la région de Batna de transmettre les documents et la somme d’argent en question pour l’ancien chargé de communication de l’ex-GSPC, S.Samir alias Mosaâb, qui écumait alors les maquis de Zemmouri. Ils ont également reconnu, selon l’acte d’accusation, avoir rejoint l’organisation de Droukdel fin 2005, et y avaient assuré la liaison entre les phalanges de l’ex-GSPC de la région centre jusqu’au jour de leur arrestation. 
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