Politique
Le départ de Bouteflika est “un préalable absolu, un impératif même
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Le départ de Bouteflika est “un préalable absolu, un impératif même”. “Il doit passer la main car l’ouverture et le renouveau sont indispensables pour le pays”, insiste-t-il.
Figure emblématique du combat pour les droits de l’Homme en Algérie, Ali Yahia Abdenour, président d’honneur de la Laddh, a plaidé ouvertement pour l’éviction de Abdelaziz Bouteflika de la présidence de la République pour cause d’incapacité physique à exercer ses fonctions. “C’est l’armée qui l’a ramené, elle doit prendre ses responsabilités”, a-t-il soutenu, lors d’une conférence de presse organisée, hier, par la CNCD à l’hôtel Sofitel, à Alger, en présence de représentants de certaines chancelleries.
Légaliste, Me Ali Yahia préconise le recours à l’article 88 de la Constitution qui prévoit ce cas de figure. “Dans son discours à la nation, un exercice très laborieux, le chef de l’état a donné l’image pathétique d’un homme épuisé par la maladie, incapable d’assumer ses fonctions”, explique-t-il. Pour lui, le départ de Bouteflika est un préalable absolu, un impératif même. “Il doit passer la main car l’ouverture et le renouveau sont indispensables pour le pays”, insiste-t-il. (Lire la suite…)
La stratégie entriste des Frères musulmans
0La stratégie entriste des Frères musulmans pourrait bien être payante, si l’on prend en compte, d’une part, le soutien des Occidentaux et, d’autre part, l’affaiblissement des courants porteurs de projets de progrès et de modernité.
S’il y a une mouvance pour qui le “printemps arabe” sourit bien, c’est bien celle des Frères musulmans. Telle une symphonie bien exécutée, les révoltes qui secouent le monde arabe tendent toutes les bras aux Frères musulmans. Que ce soit en Tunisie, où Ghannouchi est en train de prendre sa revanche, ou en Égypte, où les “frères” sont en train de mener le bal, ou ailleurs, la feuille de route américaine pour le monde arabe semble se dessiner : changer les régimes honnis, en essayant la démocratie des “frères”, comme si le monde arabe était incapable d’avoir une démocratie tout court !
La montée au créneau du “frère” Abou Djerra Soltani laisse présager une redistribution des cartes au sein du sérail. Seul membre de la coalition présidentielle à trouver que le discours du président Bouteflika ne répondait pas totalement aux attentes et qu’il manquait de clarifications, le leader du MSP est contre ses deux alliés concernant la nature du régime à venir. Lui est pour un régime parlementaire, alors que ses alliés penchent pour un régime présidentiel.
Mais, au-delà de ces divergences, somme toute conjoncturelles, le leader du MSP semble placer la barre très haut en prévision des changements à venir, en se plaçant un cran au-dessus de ses alliés, laissés pour de simples appareils et, donc, co-responsables des échecs successifs.
La stratégie entriste des Frères musulmans pourrait bien être payante, si l’on prend en compte, d’une part, le soutien des Occidentaux et, d’autre part, l’affaiblissement des courants porteurs de projets de progrès et de modernité.
Le MSP semble avoir senti le vent tourner en sa faveur et son heure venue. Lui qui a toujours su manier l’art de soutenir et critiquer en même temps, lui qui s’était contenté de strapontins au début de son intrusion en politique.
L’Algérie, qui avait tenté de “domestiquer” les islamistes, au moment où elle s’ouvrait au pluralisme politique, a payé un lourd tribut, pour elle et pour l’ensemble du monde musulman. Pourrait-elle se permettre, aujourd’hui, le luxe de réessayer la formule, avec des slogans différents ? Et avec la bénédiction de l’Occident ?
liberté.
Incapacité des Algériens à prendre leur part du “printemps arabe” ?
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Si l’on en est là, vingt-trois ans après Octobre 88 et ses 500 morts, c’est que nous avons régressé. Avouons-le, c’est encore pire : nous en sommes là trente et un ans après Avril 80. Et même après les 126 morts de 2001.
Depuis le début de l’année en cours, les peuples du Maghreb et du Moyen-Orient se soulèvent, les uns après les autres, et se battent pour l’instauration de régimes démocratiques dans leurs pays respectifs. Les Algériens, eux, font ce qu’ils peuvent mais, pour l’heure, leur “révolution” reste à faire. Cependant, certains sont gagnés par la lassitude, laminés par la guerre d’usure tous azimuts qu’oppose le pouvoir aux initiatives citoyennes et à l’action de l’opposition. Du coup, les plus engagés s’interrogent : “Pourquoi ne pouvons-nous pas faire chez nous ce que les Égyptiens ou les Tunisiens ont pu faire chez eux ?” La question n’est pas sans intérêt. Il est même très important d’y apporter des réponses à même d’éclairer le chemin à suivre.
En attendant, cette supposée incapacité des Algériens à prendre leur part du “printemps arabe” doit-elle nous faire rougir ? Nous l’avons entendu, nous l’avons lu : les plus impatients d’entre nos compatriotes ont même exprimé leur regret de ne pas être Tunisiens, Égyptiens, voire même Libyens ou Yéménites ! Si l’on en est là, vingt-trois ans après Octobre 88 et ses 500 morts, c’est que nous avons régressé. Avouons-le, c’est encore pire : nous en sommes là trente et un ans après Avril 80. Et même après les 126 morts de 2001.
“Du Printemps berbère au printemps arabe”, tel est le titre fort évocateur que porte la déclaration du MDS à l’occasion de la célébration de l’anniversaire du 20 Avril 80. L’expression est d’autant plus judicieuse qu’elle énonce simultanément deux vérités fondamentales. La première est qu’en matière de luttes citoyennes pacifiques et de “révolution démocratique”, l’Algérie a été pionnière dans la région. C’est bien elle qui en a ouvert le bal, un certain printemps 80, huit ans avant le grand séisme de l’automne 88. La seconde est que de cette position de leadership, qu’elle avait acquise au prix de longues luttes et d’énormes sacrifices et qui devait faire d’elle la locomotive de l’émancipation politique et du développement économique et social, tout au moins au Maghreb, elle a dégringolé à cette place peu enviable de dernier de la classe.
Mais à chacun son bilan, les Algériens n’ont pas à rougir de ce gâchis historique : ce n’est pas le leur, c’est celui du pouvoir qui a régné sans eux, et même envers eux.
liberté.
Le gouvernement a-t-il le droit de décider de l’éthique journalistique ?
0Le gouvernement a-t-il le droit de décider de l’éthique journalistique ? Non. La réponse de la majorité des professionnels est claire. Oui, semblent suggérer les autorités.
«La loi sur l’information, elle, introduira les repères d’une charte déontologique et complétera la législation actuelle, notamment à travers la dépénalisation du délit de presse», a déclaré le président Abdelaziz Bouteflika, lors du discours du 15 avril dernier. «L’aspect lié à la déontologie journalistique dans le même discours présidentiel suscite inquiétude. Bouteflika ne suggère rien moins qu’une charte d’éthique intégrée dans une loi sur l’information. Auquel cas, ce n’est plus une charte de déontologie mais une loi, appelant donc à des sanctions judiciaires en cas d’infraction, soit exactement tout le contraire de l’objectif dévolu traditionnellement à une charte», a dénoncé le Syndicat national des journalistes (SNJ). (Lire la suite…)
Discours de Bouteflika: Le sévère réquisitoire de l’opposition
0Comme il fallait s’y attendre, le discours du président Bouteflika a suscité moult réactions de la classe politique, notamment celle se proclamant de l’opposition. Cette dernière n’accorde pas ses violons avec le nouveau “refrain” de Bouteflika, préconisant des réformes tous azimuts. Entre “le choix du pire”, la forme critique choisie par le RCD, et “Changement dans la continuité”, l’intitulé du communiqué du CCDR, en passant par le scepticisme des Benbitour et Bouchachi (Laddh), l’opposition ne dissimule pas sa désapprobation aux projets annoncés par le chef de l’État. Il se profile dans leur réaction comme une sorte de méfiance à l’égard de tout ce qui émane du système, qui n’aurait pour objectif que de faire diversion en ces temps marqués par les révoltes des peuples pour le renversement des systèmes dictatoriaux. À commencer par le RCD qui qualifie le discours de Bouteflika de “pathétique et dangereux, ce discours (qui) a le mérite de couper court à toute spéculation sur les virtualités de réformes qui émaneraient de l’intérieur du système”. Et de poursuivre : “Le replâtrage du système auquel invite le chef de l’État a été testé maintes fois (…).” Pour le RCD, les réformes annoncées par le président ne sont que de la poudre aux yeux. Entre autres, note-t-on, “la révision de la constitution subira les mêmes procédures que les précédentes (…)”.






