Politique
Le drapeau algérien utilisé comme instrument de propagande à Tripoli
1Depuis le début du conflit en Libye, en février dernier, les partisans de Kadhafi ne se gênent pas d’user comme ils l’entendent de l’emblème national de l’Algérie. à Bab El-Azizia, ce lieu “mythique” de Tripoli où se rassemblent tous les soirs quelques dizaines de supporters du “Guide” dans un cérémonial que l’on peut suivre au quotidien, et en direct, sur les chaînes de télés libyennes, notre drapeau national est régulièrement brandi par ceux qui veulent faire croire que “l’Algérie est aux côtés de Kadhafi”. Que l’emblème national de l’Algérie soit ainsi utilisé ouvertement comme instrument de propagande dans un conflit extra-national n’ait pas fait réagir les autorités algériennes, voilà qui laisse perplexe.
Mais depuis deux jours, le Rubicon est carrément franchi : notre drapeau national, côtoyant celui de la Syrie et celui de la Libye, est utilisé comme élément du décor de l’émission “L’appel de la Libye” diffusée en direct par la chaîne Al-Libya et animée par un farouche fan de Kadhafi et de ses fils.
Alors l’Algérie, la Syrie d’Al-Assad et la Libye de Kadhafi, même combat ? Aux autorités algériennes de répondre.
Liberté.
Medjnoun et Chenoui condamnés mais la vérité sur l’assassinat de Matoub reste inconnue
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“Ce qui s’est produit hier au tribunal criminel de Tizi Ouzou est un procès expéditif, même une mascarade
qui ne concerne nullement l’affaire de l’assassinat de Matoub Lounès”, a déclaré hier l’avocat de la partie civile dans l’affaire Matoub, Me Kaci Rahem, qui a annoncé qu’une nouvelle action judiciaire sera introduite par les membres de la famille du chanteur.
Lors d’une conférence de presse qu’il a animée en compagnie de Malika Matoub et de son collègue Me Aïssa Rahmoune, Me Kaci Rahem a expliqué que la partie civile dispose de nombreux éléments troublants, d’indices révélateurs et des déclarations radiophoniques, filmées et écrites qui permettent de déposer une nouvelle plainte. Une plainte contre X qui sera déposée incessamment, soit dès que le dossier sera préparé, a précisé l’avocat, soulignant que ces éléments ont été déjà introduits dans le dossier de l’affaire mais que la justice n’a pas exploité tout réellement, a-t-il ajouté, elle n’a pas ouvert le dossier mais elle s’est juste précipitée de le liquider.
“On a beaucoup de matière à fournir au juge d’instruction”, a résumé Me Rahem. Abondant dans ce même sens, Malika Matoub, qui estime que “l’affaire Matoub n’est toujours pas jugée”, revendique donc toujours une enquête sérieuse, une reconstitution des faits et une expertise balistique, elle a été jusqu’à citer des courriers retrouvés dans la chambre conjugale de son frère. Interrogés si la plainte sera recevable par les autorités judiciaires, Mes Rahem et Rahmoune se disent être optimistes sur le plan du droit mais vu la sensibilité de l’affaire le risque des interférences n’est toujours pas à écarter. Sur le plan du droit, les avocats mettent en avant notamment la non-prescription des affaires de crime de droit commun.
“Tous les faits contenus dans le dossier et tout autre élément cité ou nouveau à invoquer, à l’exception de l’autorité de la chose jugée, peuvent faire l’objet de plaintes”, a expliqué Me Rahem, ajoutant que “sur le plan procédural, nous avons toute la latitude de nous plaindre auprès du juge d’instruction qui peut instruire à charge ou à décharge”. “Si l’autorité de la chose jugée ne nous permet pas par exemple de poursuivre Chenoui ou Medjnoun qui sont déjà jugés et condamnés, nous pouvons par contre déposer des plaintes contre toutes les autres personnes soupçonnées”, a-t-il encore expliqué. Et si la plainte n’est pas acceptée ? Sur ce point, Me Rahmoune avertit que si les voies de recours internes sont épuisées “nous ferons recours aux voies externes, soit les organisations internationales”. (Lire la suite…)
Libye: Le CNT accuse Alger de nouveau
0Abdel Hafiz Ghoga, vice-président du CNT (rébellion), a accusé, hier, l’Algérie d’avoir aidé Kadhafi au début de la révolte et de continuer à le soutenir politiquement.
“Nous avons une seule réponse pour l’Algérie : cessez de soutenir Kadhafi et arrêter de l’aider à terroriser et à tuer des civils innocents”, a-t-il déclaré.
Kadhafi “a reçu un soutien aérien de l’Algérie” et des 4×4 ont franchi la frontière pour venir en aide au régime de Tripoli, a dénoncé M. Ghoga, ajoutant espérer “que le régime algérien a compris la leçon et mis fin à ces agissements”.
L’histoire de l’immigration algérienne en Europe reste à écrire
0L’historien Benjamin Stora à “LIBERTÉ”
Liberté : Benjamin Stora, c’est un véritable plaidoyer pour ce qu’a réalisé l’immigration pendant la guerre d’Algérie que vous venez d’exposer ici à Bruxelles à l’occasion de la commémoration de l’Indépendance de l’Algérie…
Benjamin Stora : Oui, tout à fait, parce que le rôle de l’immigration algérienne en Europe est assez peu connu dans le fond, ce qui est normal car il faut sans cesse entretenir la mémoire qui a tendance à se diluer, se disperser et se perdre, surtout si elle n’est pas transmise par le biais des manuels scolaires en France ou en Algérie. Il faut, chaque fois, se rappeler, transmettre et mettre les choses en perspective. C’est ce que j’ai essayé de faire en mentionnant les origines de l’idée nationale indépendantiste portée par l’immigration ouvrière algérienne en France en particulier dans les années de l’entre-deux guerres et de l’après-Seconde Guerre mondiale. (Lire la suite…)
Appel à l’annulation de la Chariaa
0ll L’universitaire et islamologue tunisien, Mohamed Talbi, a appelé à “l’annulation de la charia” lors d’une conférence ce week-end à Tunis, dans un vif débat sur la place de l’islam dans la société post-Ben Ali. M. Talbi, 90 ans, docteur en histoire et ancien doyen de l’université de Tunis, est célèbre pour ses études sur la Tunisie médiévale et prône un islam en phase avec la modernité.
“Je suis déterminé à continuer la lutte pour le renouvellement de la pensée islamique parce que le Coran s’accorde parfaitement avec les droits de l’homme”, a lancé l’intellectuel tunisien. “Je ne considère pas la charia comme une émanation de Dieu, mais c’est une exégèse de certains penseurs de l’islam”, a précisé Mohamed Talbi. “L’islam est, à mes yeux, des actes cultuels et un comportement, et non une politique ou un État”, a-t-il conclu.
Processus de divertissement national
0C’est une ambiance de course contre la montre entre une agitation politico-sociale disparate mais soutenue et un pouvoir qui fait tout pour ralentir le mouvement. Une lutte entre le frein du régime et l’accélérateur de l’Histoire.
Alors que la commission Bensalah clôturait sa série de consultations, première étape d’un processus de divertissement national, et que les différentes polices s’occupaient de réprimer, nerveusement, une nouvelle tentative de rassemblement de la CNCD, le vent de révolte se levait, du côté sud cette fois-ci. La corruption, la hogra et le chômage parmi la jeunesse des villes du Sahara et le déficit de gestion du logement social provoquent toujours les mêmes vagues de soulèvements locaux.
Dans une semaine, le Maroc aura sa nouvelle constitution qui, malgré les insuffisances que lui trouvent les animateurs du Mouvement du 20 février, sera vraisemblablement approuvée par l’électorat marocain comme une réelle avancée démocratique. La commission Bensalah sera alors en train de synthétiser le fruit de ses “mouchaouarate”, amas de contributions, pour la plupart accommodantes, qui sera présenté comme l’expression de l’intelligence politique et civile nationale.
Mais, la mise en scène, qui vient prendre la suite des largesses sociales envers les catégories les plus bruyantes, aura-t-elle atteint son réel objectif : substituer la critique de connivence à la voix de l’indignation et faire passer la première pour la seconde ?
Ce n’était pas la bousculade au portillon de la commission qui a eu surtout à recueillir les avis familiers de représentants du sérail. Un président de Sénat et des conseillers à la Présidence recueillant, pour le compte du président de la République, les suggestions des chefs de l’Alliance présidentielle et de parti qui n’existent que par le système du quota de figuration ou par l’agrément du ministère de l’Intérieur : une bien singulière démarche pour la conception d’une Constitution démocratique et, donc, en rupture avec l’ordre en place.
Le régime s’adonne une nouvelle fois, et comme il l’a toujours fait, à l’exercice de la transition recommencée, si rentable pour le système et si coûteuse pour le pays. Parce qu’il trouve, grâce à l’effet clientéliste de la rente, un activisme courtisan de “démocrates” appointés, toujours prompts à s’ébahir devant la grandeur de “l’initiative”, le régime croit posséder le talent du transformisme politique. Celui-ci est spectaculairement illustré par les pirouettes du Premier ministre qui, comme cela a été observé, fut de toutes les causes, l’éradication comme la réconciliation, la libéralisation effrénée comme le protectionnisme étouffant, la rigueur sociale comme la libéralité salariale. Même en ces moments d’exhibition démocratique, la nature régressive et liberticide du régime persiste : alors qu’il s’évertue à simuler la volonté de promouvoir les libertés démocratiques, son inclination à céder au rigorisme terrorisant de l’islamisme le contraint à sous-traiter, et de manière pratique, la chasse aux bars et aux “lieux de débauche” pour le compte de l’intégrisme, et son tempérament “uniciste” le pousse à réprimer toute manifestation de sa contestation.
Le système n’admet aucune remise en cause extérieure : même sa remise en cause, il la revendique comme une réalisation propre et spontanée.
Ali Haroun : “je m’interroge et je m’inquiète…” (1re partie)
0Nous publions ci-dessous la première partie du texte de la déclaration de l’ex-ministre des Droits de l’Homme et ancien membre du HCE, M. Ali Haroun, adressée à la commission de consultations chargée des réformes politiques chapeautée par Abdelkader Bensalah.

Monsieur le Président,
Messieurs les membres de la commission
Vous m’avez fait le grand honneur de m’inviter à vous fournir mon opinion sur le projet de réformes politiques annoncées par monsieur le président de la république dans son discours du 15 avril 2011. Je vous en remercie et y suis d’autant plus sensible, qu’en conscience j’ai toujours cru indispensable de répondre à l’appel de la patrie ou à l’invitation du pouvoir politique. Lorsque ma modeste contribution pouvait présenter une quelconque utilité. Je me devais aussi de vous répondre par déférence envers votre instance et certains de ses membres, dont la droiture, le patriotisme et la défense de l’état de droit ont été les axes de leur conduite. (Lire la suite…)
Juppé : mercenaires en Libye, « accusation infondée » contre l’Algérie
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Le ministre français des Affaires étrangères et européennes, Alain Juppé, a démenti jeudi à Alger toute implication de l’Algérie dans l’acheminement de mercenaires en Libye, qualifiant d’ »infondé » ce genre d’accusation.
Dans une conférence de presse conjointe avec son homologue algérien, Mourad Medelci, le ministre français a fait savoir que lors des entretiens qu’il a eus avec M. Medelci et avec le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, il avait eu à constater « l’attachement » de l’Algérie aux résolutions de Conseil de sécurité, qualifiant du coup des informations sur une prétendue implication de l’Algérie dans l’acheminement de mercenaires en Libye d’ »accusation infondée ».
M. Juppé a expliqué, en outre, que l’intervention française en Libye s’inscrivait dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Onu, visant non seulement, a-t-il dit, à imposer une zone d’exclusion aérienne mais aussi la protection des populations civiles locales. Il a toutefois souligné que « l’intervention militaire en Libye n’était pas une fin en soi », soutenant, dans ce cadre, que la France était pour « une solution politique ».
Le chef de la diplomatie française a néanmoins estimé que la solution politique passait par un cessez-le-feu « authentique » dans le sens, a-t-il expliqué, où l’Armée du colonel El-Gueddafi « doit retourner dans ses casernes » et qu’El-Gueddafi « doit s’écarter du pouvoir civil et militaire ». C’est là une condition, a-t-il estimé, pour entamer un processus de dialogue et de réconciliation nationale en Libye. (Lire la suite…)





