Monde

Le PDP veut un pays «ouvert» et appelle les femmes à voter en masse

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Fumigènes, tapis rouges et jeux de lumière : le Parti démocrate progressiste (PDP) s’est offert, vendredi à Tunis, un dernier meeting à l’américaine et a exhorté les Tunisiens, et en particulier les femmes, à voter pour «renvoyer au monde l’image d’un pays ouvert et modéré». Deux mille personnes étaient venues dans la salle omnisports de l’Ariana, banlieue de Tunis et ville natale d’Ahmed Néjib Chebbi, le fondateur du parti, qui s’est posé en principal rempart contre les islamistes d’Ennahda. «Renvoyons au monde qui nous regarde l’image réelle d’une Tunisie ouverte et modérée», a lancé Maya Jribi, secrétaire générale du PDP, la seule femme à diriger un grand parti politique en Tunisie. «Par leurs voix, les femmes peuvent faire basculer la balance. Nous avons besoin des voix de tous ceux qui sont pour la modération, contre les extrémismes et les forces rétrogrades», a-t-elle poursuivi. «Je suis barbu, je vote PDP, Ennahda ne me représente pas», proclame une pancarte tenue par un des jeunes venus par cars entiers et qui sillonnent le pays depuis trois semaines pour contrer le grand parti islamiste, favori du scrutin d’aujourd’hui. Un tonnerre d’applaudissements a accueilli Ahmed Néjib Chebbi, costume bleu gris et cravate parme. «Les femmes seront la forteresse de la démocratie et de la liberté et auront leur place dans le futur gouvernement», insiste-t-il. «Deux cents ans de retard sur la démocratie et neuf mois pour la mettre en marche est un trop court délai. Mais le monde verra, dimanche, la Tunisie organiser ses premières élections libres», affirme-t-il, avant de rendre hommage au gouvernement de transition qui a su «tenir le gouvernail pour mener la Tunisie à bon port». Jusqu’au bout, le PDP a tenté, en vain, de sceller une alliance avec les grands partis ou coalitions de gauche pour créer un front commun contre Ennahda. Le PDP promet de réconcilier tous les Tunisiens, en particulier les «martyrs de la Révolution», avec «loyauté». Le meeting s’est achevé dans la liesse. Les participants se sont séparés à regret, entonnant : «Qu’est belle la révolution tunisienne, qu’il est beau le printemps», la chanson emblème d’un soulèvement parti du centre déshérité du pays. Autre grand parti de gauche, Ettakatol a fêté la fin de campagne tout l’après-midi, dans le quartier du Bardo, avec kermesse populaire et appels à voter en masse. Son président, Mustapha Ben Jaafar, qui a exclu toute alliance avec les islamistes mais s’est prononcé pour un gouvernement de large union, devait s’exprimer dans la soirée. La campagne électorale a pris fin vendredi à minuit. Plus de 7 millions d’électeurs sont appelés à élire les 217 membres d’une Assemblée constituante, neuf mois après la chute du président Zine El Abidine Ben Ali. Cette Assemblée devra rédiger une nouvelle Constitution et désigner un nouvel Exécutif qui gouvernera jusqu’aux prochaines élections générales.

Trois chefs de bureau de vote engagés politiquement remplacés à l’étranger

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Les présidents de bureau de vote tunisiens dans trois pays arabes, accusés d’orienter le choix des électeurs, ont été remplacés avant le démarrage des élections pour une Assemblée constituante, a annoncé vendredi la commission électorale tunisienne (ISIE). L’Instance supérieure indépendante chargée des élections (ISIE) a remplacé trois présidents de bureau de vote, en Algérie, au Liban et au Qatar, a précisé Nabil Baffoun à l’AFP. «Ils ont donné des consignes de vote en faveur d’un parti politique via des SMS», a-t-il précisé sans citer le nom de ce parti. Selon des informations circulant sur les réseaux sociaux et plusieurs sources proches de la commission électorale, les messages envoyés incitaient à voter pour Ennahda, le grand parti islamiste favori du scrutin. «Les trois présidents de ces bureaux ont tenté d’influencer les électeurs en faveur d’un parti politique déterminé», a aussi indiqué vendredi à la presse Nasseur Essid, un représentant du ministère des Affaires étrangères. Il a souligné que ces agents avaient été relevés de leurs fonctions «avant le début du scrutin» et s’est voulu rassurant, parlant du «bon déroulement des élections» à l’étranger – 80 pays, 145 listes en lice – où la diaspora vote les 20, 21 et 22 octobre. En Tunisie, le scrutin aura lieu aujourd’hui. Par ailleurs, le Parti démocrate progressiste (PDP, centre gauche) a dénoncé dans un communiqué transmis à l’AFP vendredi «les agissements illégaux des observateurs et des sympathisants d’Ennahda» dans des bureaux de vote en Italie. «Que ce soit à Ragusa, Vittoria, Torino, Brescia, Milano ou Reggio Emiglia, les observateurs et sympathisants d’Ennahda continuent à faire leur campagne électorale devant et même au sein des bureaux de vote en indiquant aux électeurs le numéro de la liste à laquelle ils doivent accorder leur voix, celle d’Ennahda évidemment», selon le communiqué. «Jeudi et vendredi, ils ont continué leur propagande dans un bureau de vote à Turin, en incitant les électeurs à voter pour Ennahda», ajoute le PDP, qui précise que nombre d’électeurs, y compris des militants de son parti, ont reçu des SMS les incitant à voter Ennahda. Plus de 7 millions d’électeurs sont appelés à élire les 217 membres d’une assemblée constituante, neuf mois après la révolution qui a chassé du pouvoir Zine El Abidine Ben Ali. Cette assemblée devra rédiger une nouvelle Constitution et désigner un nouvel Exécutif qui gouvernera jusqu’aux prochaines élections générales.  

La campagne électorale s’est déroulée sans incident

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La campagne électorale s’est déroulée de manière «calme, timide et disciplinée» en Tunisie, a signalé hier la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE), à la veille de l’élection de l’Assemblée constituante. «La campagne a été assez calme» et «les Tunisiens se préparent en toute discipline au jour de vote», a affirmé Michael Gahler, chef de la MOE, ajoutant que la mission n’avait pour le moment été témoin d’aucun dysfonctionnement majeur, évoquant essentiellement de «petits problèmes techniques». «Il n’y aura presque pas de moyens de tricher ou de falsifier les résultats de vote car le processus est très transparent. Si tout se passe comme prévu, nous verrons un résultat crédible», a-t-il affirmé. Selon M. Gahler, «les Tunisiens sont intéressés par les élections et ils ont beaucoup d’espoir, mais ils sont conscients que des problèmes économiques et sociaux comme le chômage ne peuvent pas être résolus par n’importe quel parti et n’importe quelle promesse, d’où ce manque d’émotion pour cette campagne électorale». Plus de 7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, aujourd’hui, pour élire les 217 membres d’une Assemblée constituante qui aura pour principale tâche de rédiger une nouvelle Constitution. La campagne électorale, débutée le 1er octobre, s’est achevée vendredi à minuit.

La voie ouverte vers la démocratie

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Les Tunisiens éliront aujourd’hui l’Assemblée constituante dans le cadre des premières élections libres de l’histoire du pays. Hier, Tunis, contrairement à ses habitudes du week-end, vivait au ralenti, notamment dans les artères principales. Le printemps tunisien dure depuis neuf mois et n’a pas été toujours ensoleillé. Le doute, voire l’indifférence se sont installés depuis quelques mois dans les esprits. L’émiettement de la classe politique (111 partis en lice en plus d’une foultitude d’initiatives associatives) a fini par déstabiliser les Tunisiens qui, en plus, manquent totalement d’exercice démocratique électoral. «Je n’irai pas aux urnes. Il y a tellement de candidats et de programmes que je ne comprends rien», avoue Salem, au volant de son taxi jaune. Cette appréhension risque de faire avorter le rendez-vous du 23 octobre pour les différents acteurs de l’élection qui, dans leur communication, adoptent un mot d’ordre commun : inciter les électeurs à participer au vote.  «Aux urnes citoyens !» lit-on en une d’un journal national résumant cette tendance. C’est que le spectre de l’abstention marque les esprits et fait peur aux partis politiques plus que l’adversité. En dépit d’efforts soutenus pour convaincre les Tunisiens d’aller voter, le nombre des citoyens inscrits au vote n’a pas dépassé les 55%, chiffre en deçà de la barre des 60% désignée comme seuil pour la crédibilité de l’instance qui naîtra de ce rendez-vous historique. Le président de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), Kamel Jendoubi, a livré, lors d’une conférence de presse tenue hier matin au Centre international de presse, des statistiques liées à l’organisation des élections et en a profité aussi pour pronostiquer le taux de participation des Tunisiens résidents à l’étranger qui, selon lui, avoisinerait les 60%. Le conférencier, qui a rassuré sur les conditions de déroulement des élections, n’a pas manqué, à l’occasion, d’écorcher le ministère des Affaires étrangères qui, selon lui, a empiété sur les prérogatives de l’instance en prenant l’initiative de faire des déclarations sur les conditions dans lesquelles se sont tenues des élections à l’étranger. Faut-il rappeler qu’il s’agit des premières élections où l’administration est tenue entièrement à l’écart de l’organisation. L’ISIE a rappelé aussi, dans un communiqué publié vendredi soir, l’interdiction faite aux candidats de violer le silence électoral décrété depuis hier, sous peine de sanctions. Face à la grande inconnue qu’est l’électorat tunisien, le vote pour l’Assemblée constituante emballe partis politiques et organisateurs en ce qu’il constitue un moment décisif de l’histoire de la Tunisie de l’après-Ben Ali. Fera-t-il date comme acte fondateur de la deuxième République ? C’est à cela que devront répondre les Tunisiens aujourd’hui.  

Les tunisiens votent pour la constituante : La voie ouverte vers la démocratie

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Les Tunisiens éliront aujourd’hui l’Assemblée constituante dans le cadre des premières élections libres de l’histoire du pays. Hier, Tunis, contrairement à ses habitudes du week-end, vivait au ralenti, notamment dans les artères principales. Le printemps tunisien dure depuis neuf mois et n’a pas été toujours ensoleillé. Le doute, voire l’indifférence se sont installés depuis quelques mois dans les esprits. L’émiettement de la classe politique (111 partis en lice en plus d’une foultitude d’initiatives associatives) a fini par déstabiliser les Tunisiens qui, en plus, manquent totalement d’exercice démocratique électoral. «Je n’irai pas aux urnes. Il y a tellement de candidats et de programmes que je ne comprends rien», avoue Salem, au volant de son taxi jaune. Cette appréhension risque de faire avorter le rendez-vous du 23 octobre pour les différents acteurs de l’élection qui, dans leur communication, adoptent un mot d’ordre commun : inciter les électeurs à participer au vote.  «Aux urnes citoyens !» lit-on en une d’un journal national résumant cette tendance. C’est que le spectre de l’abstention marque les esprits et fait peur aux partis politiques plus que l’adversité. En dépit d’efforts soutenus pour convaincre les Tunisiens d’aller voter, le nombre des citoyens inscrits au vote n’a pas dépassé les 55%, chiffre en deçà de la barre des 60% désignée comme seuil pour la crédibilité de l’instance qui naîtra de ce rendez-vous historique. Le président de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), Kamel Jendoubi, a livré, lors d’une conférence de presse tenue hier matin au Centre international de presse, des statistiques liées à l’organisation des élections et en a profité aussi pour pronostiquer le taux de participation des Tunisiens résidents à l’étranger qui, selon lui, avoisinerait les 60%. Le conférencier, qui a rassuré sur les conditions de déroulement des élections, n’a pas manqué, à l’occasion, d’écorcher le ministère des Affaires étrangères qui, selon lui, a empiété sur les prérogatives de l’instance en prenant l’initiative de faire des déclarations sur les conditions dans lesquelles se sont tenues des élections à l’étranger. Faut-il rappeler qu’il s’agit des premières élections où l’administration est tenue entièrement à l’écart de l’organisation. L’ISIE a rappelé aussi, dans un communiqué publié vendredi soir, l’interdiction faite aux candidats de violer le silence électoral décrété depuis hier, sous peine de sanctions. Face à la grande inconnue qu’est l’électorat tunisien, le vote pour l’Assemblée constituante emballe partis politiques et organisateurs en ce qu’il constitue un moment décisif de l’histoire de la Tunisie de l’après-Ben Ali. Fera-t-il date comme acte fondateur de la deuxième République ? C’est à cela que devront répondre les Tunisiens aujourd’hui.  

MAE algérien : «Une nouvelle ère pour la Libye»

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L’Algérie espère qu’après la mort de Mouammar El Gueddafi c’est une «nouvelle ère qui s’ouvre pour la Libye», a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères, Amar Belani. «Nous espérons que cette nouvelle ère qui s’ouvre pour la Libye consacrera la réconciliation et la concorde entre les frères libyens et qu’elle permettra la pleine réalisation de leurs aspirations légitimes à la démocratie, l’Etat de droit et la prospérité», écrit M. Belani dans un message envoyé hier à l’AFP. Interrogé par l’AFP, le porte-parole a confirmé la visite à Alger d’une délégation du Conseil national de transition (CNT) libyen dans les prochains jours. Alger et Tripoli ont eu des relations de méfiance après l’accueil en Algérie le 29 août de deux des fils, de la fille et de la seconde épouse d’El Guddafi. Alger avait alors avancé des raisons humanitaires. Mercredi, lors d’un point de presse avec le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, avait déclaré que l’Algérie avait «des relations informelles avec le CNT, qui sont devenues aujourd’hui officielles». Le ministre algérien avait indiqué le même jour que l’ambassadeur d’Algérie à Tripoli avait été reçu mardi par le président Abdeljalil, au terme d’une audience qualifiée d’«extrêmement constructive».

Le monde arabe s’interroge : Pour qui sonne le glas après Mouammar ?

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El Gueddafi est parti, à ton tour Bachar», twitte un internaute au lendemain de la mort de l’ancien dirigeant libyen. Pour la blogosphère et les médias arabes, la fin d’El Gueddafi sonne le glas des tyrans de la région. Les réseaux sociaux s’emballaient hier pour prédire, parfois sans ménagement, la fin proche des régimes oppresseurs qui luttent encore pour leur survie. «El Gueddafi a qualifié son peuple de rats, il a fini sa vie dans un trou comme un rat. Tyrans, tirez-en une leçon (...). Votre fin est inéluctable», souligne un autre internaute sur twitter après la mort du «guide» libyen, premier dirigeant tué pendant le Printemps arabe. Encore sous le choc des images – inimaginables il y a quelques mois – d’El Gueddafi sanguinolent, les internautes se déchaînent tout particulièrement contre les présidents syrien et yéménite, Bachar Al Assad et Ali Abdallah Saleh, toujours au pouvoir après des mois de révoltes réprimées dans le sang. «Ben Ali s’est enfui, Moubarak est en procès, El Gueddafi a été tué. Plus le tyran résiste, plus son châtiment est horrible», relève l’un d’entre eux. «Il semble que Al Assad sera crucifié au centre de Damas.» Sur leur page facebook, les contestataires syriens s’adressent à leur président en lui demandant : «Est-ce que tu vas fuir comme El Gueddafi et ton peuple te poursuivra de maison en maison ?» «El Gueddafi en enfer, Bachar prépare-toi», affirme «lawyer_aj» sur twitter. Selon «à Noufita 5», «les habitants de Homs (centre de la Syrie) portent le drapeau libyen et crient El Gueddafi, c’est fini, Bachar, c’est ton tour» «Habitants du Yémen et de Syrie, j’espère que Bachar et Saleh tomberont entre vos mains», renchérit «Motamayez». Certains ne peuvent pas s’empêcher d’ironiser : «Après la mort d’El Gueddafi, la Syrie et le Yémen en finale, mabrouk ! (félicitations, en arabe)», twitte «Saomadaad». «La télévision d’Etat syrienne nie la mort d’El Gueddafi», écrit «lissnup», alors que la chaîne publique en Syrie est accusée par les opposants de mentir sur l’ampleur du mouvement de contestation dans le pays. «Saleh, as-tu bien dormi hier ?», demande «Falihalhajri» à l’adresse du président yéménite. Du Caire à Rabat, la presse arabe, qui publie en une les photos du corps inerte d’El Gueddafi, n’est pas en reste soulignant l’ironie du sort des dictateurs autrefois tout-puissants et écrasés par le raz-de-marée du Printemps arabe. «Quarante-deux ans d’El Gueddafi au pouvoir s’achèvent en deux balles», relève le quotidien libanais An Nahar. «C’est une leçon également pour les peuples qui ne doivent plus applaudir des chefs qui deviennent leurs bourreaux.» Selon As Safir, «son corps ensanglanté a été pris en photo comme pour immortaliser que l’ère des tyrans est terminée». «Le troisième tyran, mort dans un trou», titre le quotidien égyptien Al Masry Al Youm. Pour le quotidien palestinien Al Qods, «ces tyrans doivent savoir que du moment où vous pointez les armes contre votre propre peuple, vous perdez votre légitimité». Les analystes estiment de leur côté que la fin d’El Gueddafi va donner un élan aux révoltes, en particulier en Syrie.  «Le message est que la répression du peuple avec une main de fer ne mène à rien», estime Hilal Kashan, professeur de sciences politiques à l’université américaine de Beyrouth. Mais pour lui, les dictateurs sont «aveugles», par définition. «Ils ne voient pas les choses de la même manière que le peuple, qui les voit de l’extérieur. Ils sont déconnectés de la réalité. Ils pensent qu’ils sont différents et qu’ils vont survivre», explique-t-il. «Ils avaient dit : ceci n’est pas l’Egypte, ceci n’est pas la Tunisie. Mais en fin de compte, ils sont tous les mêmes.»

Le CNT courtisé

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Le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, s’est empressé d’annoncer, sur un ton triomphaliste et loin de tout examen de conscience, la visite imminente d’une délégation du CNT, avant même les dirigeants du Conseil national de transition libyens. Lors de la conférence conjointe qu’il avait animée mercredi à Alger avec le ministre britannique des AE, William Hague, il avait fourni davantage de détails sur la composition de la délégation libyenne, qui comprendra, apprend-on, des diplomates et des militaires. On saura également de même source que notre ambassadeur à Tripoli a été reçu par le président du CNT, M. Abdeljalil. Les événements semblent s’accélérer depuis quelques jours. Qu’est-ce qui a bien pu donc provoquer ce déclic pour le moins subit qui ne figurait pas objectivement dans l’agenda officiel de la diplomatie algérienne, quand on sait que l’Algérie a conditionné toute reconnaissance du CNT – car c’est bien de cela qu’il s’agit quand M. Medelci parle de contacts officiels entre l’Algérie et le CNT, il ne reste plus qu’à mettre en place le cadre institutionnel de cette reconnaissance-  à la mise en place du nouveau gouvernement d’Union nationale libyen qui tarde à voir le jour ? Après la reconnaissance du CNT par l’ONU, puis par la Ligue arabe et l’Union africaine, laquelle n’a pas eu plus de succès dans ses efforts pour sceller la réconciliation entre la rébellion et le régime d’El Gueddafi, après également la reconnaissance par le dernier carré des pays africains qui étaient sur la même ligne que l’Algérie, à l’instar de l’Afrique du Sud, la position officielle de notre pays apparaissait plus que jamais marginale, désespérément solitaire dans le concert des nations. M. Medelci a beau essayer de se donner bonne conscience en soulignant que les dirigeants du CNT ont fait montre d’une grande compréhension quant à la position de l’Algérie, nul doute que la gestion de ce conflit par l’Algérie laissera des traces dans les relations avec les nouvelles autorités libyennes qu’il sera difficile d’effacer et dont on aura immanquablement à payer le prix. Rétablir la confiance avec les nouvelles autorités libyennes, mais aussi avec le peuple libyen, notamment avec les franges de la population qui se sont démarquées du régime d’El Gueddafi dès le déclenchement de la révolution, lesquelles découvraient, abasourdies et révoltées, que l’Algérie complotait contre leur révolution, selon les déclarations et accusations des dirigeants du CNT : c’est là le plus grand défi qui se pose aux autorités algériennes. Une chose est sûre : même si historiquement et géostratégiquement les deux pays sont condamnés à coopérer, la normalisation ne sera pas pour demain. Nos voisins tunisiens et marocains, qui ont reconnu le CNT lorsque ce Conseil avait tant besoin des soutiens extérieurs pour légitimer la révolution, se sont assuré une place au soleil dans la Libye de l’après El Gueddafi. De grandes nations, comme la Chine et l’URSS, n’ont pas hésité à se repositionner sur le conflit libyen compte tenu de leurs intérêts et des nouvelles données géopolitiques et militaires sur le terrain. L’Algérie est restée de bout en bout figée sur ses positions. Il est connu que nos dirigeants ne se déjugent jamais, même si on s’achemine droit vers le mur. Une autre constante nationale à ajouter aux autres spécificités bien algériennes. Le pouvoir algérien a-t-il péché par absence de clairvoyance politique dans l’appréciation de certains dossiers régionaux qui ont amené le pays à subir, passivement, les événements, alors qu’il est supposé jouer un rôle pivot sur certaines questions qui nous touchent de près, comme c’est le cas des révolutions arabes en Tunisie, Egypte, Libye, Syrie…. ? Maintenant que le spectre d’El Gueddafi ne hante plus nos dirigeants après l’annonce de son décès, hier, l’Algérie se fera-t-elle violence pour reconnaître officiellement le CNT ? Gageons que cette gifle cinglante que vient de recevoir, en plein dans la tronche, la diplomatie algérienne sera méditée et que les enseignements utiles soient tirés pour une refondation de la diplomatie algérienne. L’action diplomatique algérienne est-elle au service du pouvoir ou de l’Etat ?    

Inhumation d’El Gueddafi : Pas de décision sur la date et le lieu

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Aucune décision n’a été encore prise sur la date et le lieu de l’inhumation du dirigeant libyen déchu Mouammar El Gueddafi, tué après sa capture à Syrte, a déclaré hier le «ministre» de l’Information du Conseil national de transition (CNT). «Aucune décision n’a été prise jusqu’ici à propos de l’inhumation» et il n’a pas été décidé non plus si son corps restera à Misrata, où il a été transporté après avoir été mortellement blessé, a dit, à l’AFP, Mahmoud Chamam. Le CNT avait indiqué, au cours d’une conférence de presse, jeudi soir, quelques heures après l’annonce de la mort d’El Gueddafi, dans sa région natale de Syrte, à 360 km à l’est de Tripoli, qu’il serait inhumé dans un endroit inconnu après une autopsie. «Nous devons encore faire des tests ADN. Cela pourrait prendre deux jours», a précisé à l’AFP un porte-parole du conseil militaire de Misrata, Fathi Ali Bashaagha. La dépouille de Mouammar El Gueddafi, ramenée la veille à Misrata, au nord-ouest de Syrte, était entreposée vendredi dans la chambre froide d’un centre commercial, à environ 10 km de la ville, selon un photographe de l’AFP. Son corps était posé sur un matelas, tandis qu’une trentaine de personnes attendaient à l’extérieur pour le voir. Le corps d’El Gueddafi avait été placé la nuit dans une résidence privée de Misrata. Mouammar El Gueddafi, 69 ans, a été capturé vivant jeudi alors qu’il fuyait Syrte, qui était sur le point de tomber aux mains des combattants du nouveau régime. Echange de tirs ou exécution sommaire, il est mort après avoir été blessé dans des circonstances encore floues. Selon la version officielle du CNT, il a été blessé lors d’un échange de tirs entre ses partisans et des combattants du nouveau régime, après sa capture dans une canalisation où il s’était réfugié. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a demandé la mise sur pied d’une enquête sur les circonstances entourant sa mort. «Les circonstances ne sont toujours pas claires. Nous estimons qu’une enquête est nécessaire», a déclaré,aux journalistes, le porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville, se référant aux vidéos «très inquiétantes» publiées jeudi par les médias.

La fin du long règne du clan El Gueddafi

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C’est la fin du long règne du clan El Gueddafi sur la Libye. Après la mort, jeudi, du colonel El Gueddafi à Syrte et celle, annoncée le même jour, d’un de ses fils, Mouatassim, seul Seif Al Islam demeure recherché par la justice internationale. Les autres enfants du dictateur déchu et son épouse Safia sont soit morts, soit réfugiés en Algérie ou au Niger. A rappeler que Mouammar El Gueddafi a aussi adopté deux enfants ; un garçon, Milad, et une fille, Hannah, qui aurait péri, alors âgée de 15 mois, lors du raid américain de 1986 sur Tripoli. La question qui se pose maintenant est de savoir quel sort réserveront Alger et Niamey aux membres du clan qui ont trouvé refuge chez eux. Dans le cas de l’Algérie, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a rappelé mercredi la dimension purement «humanitaire» de la décision de l’Algérie d’accueillir la famille d’El Gueddafi. «Nous l’avons reçue pour des raisons humanitaires, le président Abdeljalil a reconnu que nous étions en droit de le faire», a-t-il souligné, relevant que «l’Algérie a montré l’exemple en tant que pays justiciable des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies».  M. Medelci a expliqué en outre que l’Algérie a «honoré de façon systématique l’ensemble des obligations qui sont les siennes en tant que membre de la communauté internationale et continuera à honorer ses obligations qui sont dictées par des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité». En décodé, cela veut dire que le sort des membres de la famille El Gueddafi se trouvant en Algérie sont entre les mains de l’ONU. Le point sur ce qui reste du clan El Gueddafi.     -Mohammed : Le plus discret du clan   Discret, Mohammed El Gueddafi, né en 1970, est l’aîné et le fils unique du premier mariage de Mouammar El Gueddafi avec Fatiha Al Nouri. Il présidait l’Organisme des télécommunications et le Comité national olympique. Il se trouve en Algérie depuis 29 août. -Hannibal : Le flambeur Militaire de formation, Hannibal El Gueddafi, né en 1978, est à l’origine de tensions avec Berne. Avec son épouse Aline, ils avaient été arrêtés en 2008 à Genève puis libérés sous caution. L’affaire avait fini par être classée sans suite. Il se trouve également en Algérie. -Aïcha : L’avocate Propulsée sur le devant de la scène lorsqu’elle a décidé, en 2001, de défendre l’ex-président irakien Saddam Hussein, Aïcha El Gueddafi a présidé la fondation caritative Waatassimou. Née en 1977, elle a été aussi envoyée par son père en mission aux Philippines où elle devait négocier avec les islamistes d’Abou Sayyaf la libération d’otages occidentaux. Comme Mohamed et Hannibal, elle s’est réfugiée le 29 août en Algérie, où elle a donné naissance à une petite fille. -Saâdi : Le sportif Président du conseil d’administration de la Libyan Arab Foreign Investment Company, qui détient 7,5% des parts de la Juventus de Turin, Saâdi a la réputation d’être un mordu de foot. Né le 25 mai 1973, il a d’ailleurs été capitaine de l’équipe nationale libyenne lorsqu’il jouait dans le championnat italien en 2003. Par la suite, il a dirigé une unité militaire d’élite. Il s’est réfugié le 11 septembre à Niamey (Niger). -Seïf Al Islam : De l’humanitaire à la guerre C’est le fils aîné de la seconde épouse de Mouammar El Gueddafi. Né le 25 juin 1972, docteur en philosophie de la London School of Economics, il s’est fait notamment connaître lors de sa médiation dans l’affaire des infirmières bulgares libérées en 2007. Seïf Al Islam a souvent été présenté comme le futur successeur de son père. Il avait promis de réprimer la rébellion dans le sang. Il est recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité. -Mouatassim : Le dauphin Né en 1975, médecin et militaire de carrière, il avait dirigé le Conseil de   sécurité nationale et était le principal concurrent de Seïf Al Islam. Soupçonné de tentative de putsch, il était finalement revenu en grâce après un exil égyptien. Il a été retrouvé mort jeudi à Syrte. -Seïf Al Arab : Le confident du «guide» Né en 1980, Seïf Al Arab était aussi discret que son demi-frère Mohammed. Simple officier formé en Allemagne, il était proche de son père. Il a été tué, selon plusieurs sources, le 30 avril 2011 dans un raid mené par l’OTAN à Tripoli. -Khamis : Un militaire né Né le 27 mai 1983, Khamis était le benjamin des fils d’El Gueddafi. Formé en Russie, il a été chargé du commandement de l’unité d’élite des Forces spéciales. Il aurait joué un rôle important dans la répression de la révolte à Benghazi. Le CNT a annoncé sa mort le 28 août. Une chaîne de télévision syrienne l’a confirmée le 17 octobre.
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