Monde
«Il y a une vraie compétition entre le Qatar et l’Algérie»
016 novembre 2011
par El Watan - L'événement
dans Monde
- L’une des conclusions du sommet du Forum des pays exportateurs de gaz à Doha concerne l’importance des contrats à long terme et le renforcement de l’indexation des prix du gaz sur ceux du pétrole. Pensez-vous que les contrats à long terme soient les seuls garants d’un niveau de recettes à même de relancer les investissement dans le gaz ?
Les contrats à long terme assurent surtout la longévité et la sécurité des prix. Ce sont des contrats qui prévoient un prix qui varie ensuite en fonction des clients et d’un panier de sources d’énergie (pétrole, électricité, charbon). Ils assurent la sécurité et la négociabilité des prix. Mais à mon avis, le contrat à long terme a des inconvénients. Dans le cadre de ce genre de contrats, on s’engage sur de longues périodes ; le long terme veut dire plus de dix ans. Cela peut être avantageux pour de grands producteurs comme la Russie et le Qatar, lesquels ont des réserves énormes et ont plus de flexibilité pour le contrôle de leur production et de leurs besoins. Mais pour un pays comme l’Algérie, je pense que ce n’est pas la meilleure solution. Il est préférable, à mon avis, de tabler sur des contrats à moyen terme car cela permettrait de contrôler beaucoup mieux notre production. Il faut aussi prendre en compte les besoins du marché interne. La demande intérieure augmente à une vitesse extraordinaire. On a consommé 29 milliards de mètres cubes en 2010 et, d’après la Commission de régulation de l’électricité et du gaz, il est prévu que les besoins du marché local atteignent 50 milliards de mètres cubes en 2025. Est-ce que nos réserves vont augmenter et suivre la tendance ? Est-ce que notre production va se maintenir ? Ce n’est pas sûr.
- Plaidez-vous pour plus de transformation de gaz pour la création de valeur ajoutée ?
Absolument ! J’estime qu’il faut trouver des solutions pour produire de l’énergie et la consommer non seulement pour des besoins domestiques, mais aussi en production industrielle. Il faut quelque part en faire quelque chose pour en tirer plus d’avantages. L’énergie est le seul avantage dont bénéficie l’Algérie pour le moment. L’énergie est une ressource disponible à un prix abordable et en quantité suffisante.
- D’après une récente étude du cabinet Wood Mackenzie, le marché pourrait bien absorber la surproduction de gaz d’ici à 2013. Ne pensez-vous pas qu’à ce moment-là, ce sont les marchés spots qui risquent de présenter un certain intérêt ?
C’est certain. Le gaz est en train de devenir la principale source d’énergie, puisqu’elle est propre. Je pense que la situation risque de changer au-delà de 2015. Personnellement, je crois au pic-oil. Beaucoup de personnes disent qu’il y a encore du gaz et du pétrole à découvrir un peu partout dans le monde. Ce qui est vrai, y compris en Algérie. Mais on n’en découvrira jamais assez pour subvenir aux besoins de la croissance. Il est vrai qu’aujourd’hui, la récession plombe la consommation d’énergie, mais la croissance reprendra un jour ou l’autre et arrivera au maximum en 2014 ou en 2015. De toute manière, les réserves de gaz, à ce moment-là, seront inférieures à celles existant aujourd’hui, y compris pour les gaz de schiste. Automatiquement, le prix sera certainement plus élevé. Mais il ne faudra vendre du gaz que si l’on a besoin de cet argent et que si l’on n’a pas réellement besoin de ce gaz sur notre marché intérieur. Nous sommes en train de vivre une transition énergétique qu’il faudra gérer avec beaucoup de prudence au cours des cinq prochaines années. Il y a des décisions extrêmement importantes qu’il va falloir prendre.
- A Doha, les pays exportateurs de pétrole se sont engagés à soutenir les contrats à long terme. Mais pensez-vous qu’un pays comme la Russie puisse respecter un tel engagement, surtout lorsqu’on sait que ce même pays n’a pas hésité à casser ses prix pour conserver des parts de marché ?
Le Forum des pays exportateurs de gaz n’est pas une OPEP. Pour le moment, les membres du FPEG n’ont déterminé ni quota, ni prix, ni quoi que ce soit. Il y a une collaboration. Ils échangent des données et de l’expérience. Ils projettent aussi de créer un institut du gaz en Algérie. Il y a une certaine concertation entre les pays exportateurs, mais ils ne se sont pas encore engagés à fixer des prix communs ou des quotas. Chacun défendra ses intérêts comme il le voudra ou comme il le pourra. L’Algérie ne peut pas avoir la même stratégie gazière que la Russie ou le Qatar. Les stratégies commerciales des pays exportateurs de gaz ne sont pas les mêmes parce qu’on n’a pas les mêmes problèmes ni les mêmes besoins. Par exemple, le Qatar est l’un des plus grands exportateurs de gaz actuellement et a tout intérêt à avoir des contrats à long terme. Le Qatar a intérêt à vendre le maximum de gaz et diversifier sa clientèle pour rester puissant sur le marché gazier. Il se doit de rester compétitif non seulement par rapport aux autres sources d’énergie, mais aussi par rapport à d’autres pays. Il est en train d’envahir, ces dernières années, le marché méditerranéen et il nous gêne beaucoup. Il y a une vraie compétition entre le Qatar et l’Algérie. La Russie, elle, privilégie plutôt l’Europe de l’Est et du Nord. Cette région n’est pas une priorité pour les Algériens. La Russie défendra demain ses prix, et peut les indexer sur n’importe quel produit en fonction du moment. Mais elle ne pourra pas le faire dans le cadre de contrats à long terme. La formule de calcul des prix et leur révision y sont définis à l’avance.
Réunion demain du Conseil des gouverneurs de l’AIEA
016 novembre 2011
par El Watan - L'événement
dans Monde
Le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) tiendra une réunion demain et vendredi à Vienne, en Autriche, pour examiner la suite à donner au rapport de ladite agence sur le dossier nucléaire iranien, rapporte l’AFP.
Sans conclure dans son rapport que l’Iran est capable ou sur le point de fabriquer la bombe atomique, l’AIEA a étayé les soupçons des puissances occidentales et d’Israël sur une «dimension militaire» du programme nucléaire de Téhéran, alors que l’Iran proclame son caractère strictement civil. Pour Mark Fitzpatrick, directeur de l’International Institute for Strategic Studies à Londres, l’AIEA a «détruit les prétentions de l’Iran selon lesquelles ses activités nucléaires ont été purement pacifiques».
Le document en question repose sur des informations jugées «globalement crédibles», provenant de l’AIEA et d’une dizaine de pays membres. Il indique aussi que contrairement à ce qui est admis jusque-là, «certaines des activités de militarisation se sont produites après 2003. C’est nouveau et très important», a observé Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris.
Les Occidentaux, à l’exemple de la France et de l’Allemagne, ont réagi en exigeant de nouvelles sanctions. Cependant, la Russie et la Chine s’y sont opposées, plaidant pour redoubler les efforts au niveau diplomatique. Téhéran a de son côté rejeté le rapport, estimant y avoir déjà répondu dans le passé. «Notre intention est clairement de trouver une réponse acceptable pour l’ensemble des pays du groupe des 5+1», a indiqué un diplomate occidental. Chargé des négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire, dans l’impasse depuis des mois, ce groupe rassemble les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, à savoir les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie, plus l’Allemagne. Après les discussions du président américain, Barack Obama, avec ses homologues russe et chinois ce week-end, «nous voyons une possibilité» d’y parvenir, selon ce même diplomate. «Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA ne peut pas rester silencieux sur ce rapport substantiel», a de son côté déclaré l’ambassadeur allemand auprès de l’AIEA, Rüdiger Lüdeking, plaidant pour l’adoption d’une résolution.
Une résolution peut se résumer à une phrase par laquelle le conseil prend acte d’un rapport, ou bien statuer qu’un pays n’a pas rempli ses obligations et demander la saisine du Conseil de sécurité de l’ONU pour d’éventuelles sanctions. Elle peut aussi fixer un délai à un pays pour lui demander de coopérer pleinement jusqu’au prochain conseil des gouverneurs, en mars, solution de compromis sur laquelle parient plusieurs experts.
La dernière résolution de l’AIEA contre l’Iran remonte à novembre 2009, après la révélation d’un nouveau site d’enrichissement d’uranium enfoui dans une montagne à Fordo, près de la ville sainte de Qom (sud), dont Téhéran a dissimulé jusque-là l’existence. Elle a conduit le Conseil de sécurité à infliger à l’Iran de nouvelles sanctions.
Bouteflika-Abdeljalil : Les «bons offices» du Qatar
016 novembre 2011
par Hassan Moali
dans Monde
La poignée de mains entre Bouteflika et Moustapha Abdeljalil, président du CNT libyen, a eu lieu hier à Doha en présence de Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, l’émir du Qatar.
On attendait le président du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil à Alger pour signer les retrouvailles algéro-libyennes avec Bouteflika, mais c’est finalement à Doha que les deux hommes se sont expliqués. Les voisins maghrébins, qui se regardaient de loin en chiens de faïence, ont préféré régler leurs comptes sur terrain neutre, avec un arbitre qui a le vent en poupe en la personne de l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani. C’est donc dans le secret de sa belle résidence que l’émir a réuni les frères ennemis Bouteflika et Abdeljalil pour un rabibochage, en marge d’un Sommet sur le gaz qu’abrite Doha. Loin des caméras des télévisions, on ne sait pas trop s’il restait encore de l’eau dans le gaz après cet aparté diplomatique.
On apprendra juste que le président algérien et le chef du CNT se sont rencontrés à deux reprises, hier, ce qui ouvre la voie à toutes les spéculations sur la teneur et la nature des échanges. Et pour cause, les malentendus, voire les contentieux, ne manquent pas depuis l’entrée en scène du CNT de M. Abdeljalil que l’Algérie n’a reconnu que le 22 septembre dernier. Ayant misé lourdement sur la capacité d’El Gueddafi à renverser la vapeur en Libye contre les révoltés, l’Algérie officielle aura lutté contre le CNT jusqu’à ce que la mort du guide s’en suive.
A l’arrivée, le pari fou de l’Algérie s’est soldé par un cinglant échec diplomatique d’avoir servi d’escabeau à un dictateur fini au lieu de suivre la voie de la raison dictée par les intérêts supérieurs du pays et les impératifs de sécurité nationale.
Qatar, plus haut, plus fort…
La reconnaissance tardive du CNT traduit l’engagement vain et contreproductif des dirigeants algériens aux côtés d’El Gueddafi sous prétexte que la rébellion allait profiter aux terroristes d’Al Qaîda. On comprend mieux pourquoi la fameuse visite à Alger de M. Abdeljalil, annoncée à plusieurs reprises par M. Medelci, n’a jamais eu lieu. D’évidence, le nouveau régime libyen a du mal à digérer les liaisons dangereuses de l’Algérie avec El Gueddafi, pas plus que les déclarations vexantes à l’égard du CNT. On se souvient à cet égard de la réplique malheureuse de Mourad Medelci : «Ces gens-là (les dirigeants du CNT) ne sont pas capables de diriger la Libye» ou encore celle, plus blessante, de Abdelaziz Belkhadem qui a invité les membres du CNT «à faire leurs ablutions avant de parler de l’Algérie». On voit bien qu’il était difficile de tirer un trait sur ces remarques inamicales.
La paix à Doha, pas à Alger
C’est peut-être pour cela que Moustapha Abdeljalil, dans la foulée du succès de la révolution, n’a pas voulu, lui aussi, gratifier les dirigeants algériens d’une visite qui aurait pu désamorcer la crise. Le chef du CNT a préféré accorder les honneurs à l’émir du Qatar qui l’a soutenu avec armes, soldats et Al Jazeera, pour arbitrer une éventuelle réconciliation algéro-libyenne. C’est désormais chose faite, puisque le monde entier était témoin, hier, que la poignée de mains entre Bouteflika et Abdeljalil a eu lieu à Doha, sous le regard paternel de Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani.
Une autre grande victoire pour l’émirat du Machrek d’avoir réussi à réunir deux dirigeants du Maghreb qui faisaient la moue.
Pour la photo de famille, c’est un succès retentissant. Mais tout compte fait, c’est Bouteflika qui perd au change. Ayant toujours balayé d’un revers de la main les offres de médiation venues d’Orient, notamment dans le contentieux avec le Maroc et même avec l’Egypte dans le sillage du fameux match de football, il a été «contraint», hier, de traiter avec son voisin libyen sous la supervision de l’émir du Qatar. Pourtant ombrageux, Bouteflika a fini curieusement par accepter, cette fois, les «bons offices» du Qatar. Un émirat avec lequel il n’est, diplomatiquement parlant, pas sur la même longueur d’onde. Qu’il s’agisse de la Libye ou de la Syrie, l’Algérie s’est enfermée dans sa «doctrine» immuable de non-ingérence, pendant que ce petit émirat, qui aspire légitimement à prendre une grande place au soleil, accule et accuse les régimes répressifs en Syrie et au Yémen après avoir aidé à faire chuter El Gueddafi. En tout état de cause, s’il y a un happy end avec la Libye, ce sera à Doha et pas à Alger. Et Bouteflika ne devrait pas être fier.
Le rendez-vous de la dernière chance
016 novembre 2011
par Zine Cherfaoui
dans Monde
L’avenir immédiat du régime syrien va probablement se jouer aujourd’hui au Maroc. Face au refus de Damas d’appliquer son plan de sortie de crise, la Ligue arabe a décidé, en effet, de tenir une nouvelle réunion – celle-ci se tiendra en marge de travaux de la 4e session du forum de la coopération arabo-turque – à Rabat pour déterminer la conduite à tenir vis-à-vis de ce pays qui a franchi le Rubicon de la répression.
La Turquie, qui abrite une grande partie de l’opposition syrienne et qui a adopté, ces derniers temps, une attitude frontale vis-à-vis du régime de Bachar Al Assad a, bien entendu, tenu à y assister.
Il se peut bien que ce rendez-vous de la Ligue arabe soit celui de la dernière chance pour Damas dans la mesure où les monarchies arabes du Golfe se sont fermement opposées, hier, à la tenue du sommet arabe extraordinaire réclamé par la Syrie. «Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) estime que la demande de la tenue d’un sommet arabe dans ces circonstances est inutile» vu que les ministres arabes des Affaires étrangères doivent se réunir mercredi (aujourd’hui, ndlr) à Rabat, a affirmé dans un communiqué, mardi à Riyad, Abdelatif Zayani, le secrétaire général du CCG qui regroupe 6 pétromonarchies.
Celles-ci ont en commun d’être toutes en froid avec la Syrie. Cette réunion extraordinaire de Rabat intervient à un moment où la Syrie a connu l’une des semaines les plus meurtrières depuis le début, en mars, des manifestations anti-régime. Plus de 70 personnes (entre civils et militaires) ont été tuées en l’espace d’à peine de 24 heures. L’ONU évalue, rappelle-t-on, à 3500 le nombre de personnes qui sont tombées sous les balles de l’armée syrienne depuis le mois de mars dernier. Ajouté à cela, le pays sombre chaque jour un peu plus dans le chaos.
Que se passera-t-il si la Syrie – qui se dit «victime d’un complot américain» – refuse encore d’«obtempérer» ? La crise syrienne risque tout simplement de s’internationaliser et de se militariser davantage. Dans les faits, le dossier syrien s’est déjà internationalisé. Et il n’est pas faux de dire que le temps joue, désormais, contre Bachar Al Assad puisqu’il a déjà perdu le contrôle de la situation à tous points de vue. A commencer par le pendant diplomatique de la crise.
Pour preuve, la Turquie a quasiment reconnu le Conseil national syrien (CNS) qui rassemble une partie de l’opposition et qui a été formé au fil de plusieurs réunions sur son sol. Comme il fallait s’y attendre, les prises de position turques et arabes ont conforté Washington et Bruxelles qui, de leur côté, multiplient les sanctions pour asphyxier Damas. Aujourd’hui, Ankara pourrait encore annoncer des mesures contre le régime syrien dans le cadre de cette concertation turco-arabe. Selon des sources diplomatiques, le gouvernement turc chercherait uniquement la couverture arabe pour donner le «coup de grâce» à son ancien allié.
Résultat des courses : la Syrie n’a plus comme alliés que la Russie et la Chine, qui bloquent toujours toute action au Conseil de sécurité de l’ONU. Moscou et Damas sont liés par un traité de défense qui remonte à l’ère soviétique. Mais même Moscou – qui est passé maître dans l’art du double jeu – paraît agir comme elle l’a fait en Libye. Sinon, comment expliquer que les Russes ont commencé à établir des contacts avec l’opposition syrienne ?
Autre élément qui dénote de l’évolution de la position russe : le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné, hier, «dans les termes les plus fermes», les attaques perpétrées contre plusieurs ambassades en Syrie. D’ordinaire divisé sur la Syrie et la répression sanglante des manifestations, le Conseil a exprimé «sa profonde inquiétude à propos de la répétition de telles attaques». Inutile de dire que cette condamnation n’aurait pas pu se faire sans l’aval de Moscou et de Pékin. Comme quoi en diplomatie, rien n’est jamais acquis. Encore moins définitif. Conséquence : la Syrie est un pays isolé du monde, tout comme l’est d’ailleurs l’Iran, son dernier allié.
Le revirement inattendu de la Russie
Eu égard à l’urgence de la situation en Syrie, la Ligue arabe avait, rappelle-t-on, suspendu le 12 novembre dernier la participation de la Syrie à ses réunions. Cette suspension doit d’ailleurs prendre effet aujourd’hui. L’organisation panarabe avait également menacé le régime syrien de sanctions si jamais il continuait à ignorer ses recommandations de sortie de crise.
Pour le moment, la seule concession faite par Damas a consisté en la libération, hier, de 1100 manifestants «impliqués» dans les événements, parmi lesquels figure l’opposant Kamal Labouani, condamné à 12 ans de prison pour avoir engagé des «contacts» avec les Etats-Unis visant à les inciter à attaquer la Syrie.
A travers ce geste pris sur le tard, Bachar Al Assad parviendra-t-il vraiment à accréditer l’idée que la Syrie est en train de changer de cap ? Certainement pas au vu du terrible drame que les Syriens ont vécu ces derniers mois. En tout cas, à l’heure qu’il est, personne n’en est vraiment convaincu.
Marché mondial du gaz : Un rebond de 7% de la demande en 2010
016 novembre 2011
par Zhor Hadjam
dans Monde
La demande en gaz, qui a connu une baisse dans le sillage de la crise financière mondiale, notamment des suites d’une baisse de la demande en Europe, a rebondi en 2010, progressant de plus de 7% grâce à un rebond de l’activité économique industrielle.
Elle représenterait actuellement, selon certaines études, près de 30% du bilan énergétique mondial, alors que la production de gaz devrait connaître une hausse de 50% d’ici 2035, selon l’AIE. Dans les rangs des pays producteurs, la Russie reste le premier producteur mondial de gaz, contrôlant 30% des réserves mondiales, alors que le Qatar s’affirme comme le premier exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL) avec une capacité de production de 77 millions de tonnes par an. Parmi les grands acteurs du gaz, la majorité a connu une hausse significative de la production, avec quelque 18% pour les pays de l’OPEP, ces dernières années induisant une croissance moyenne de 10% dans le monde.
Par ailleurs, même si les chiffres sont parfois contradictoires selon les sources et les intérêts des uns et des autres, il est largement admis que les plus importantes réserves de gaz naturel prouvées se trouvent dans les pays de l’ex-Union soviétique et au Moyen-Orient, alors que les Pays-Bas et la Norvège disposent des plus grandes réserves en Europe occidentale. Des études sur les gaz non conventionnels contredisent parfois les données existantes, installant les Etats-Unis parmi les pays qui risquent d’inverser l’ordre des choses grâce à leur forte de croissance et à une production de gaz de schiste de près de 15% de la production nationale totale des Etats-Unis. Ces nouvelles sources d’énergie font cependant polémique au vu de leur danger pour l’environnement, contrairement au gaz naturel considéré comme une source d’énergie propre et sûre. Hormis les Etats-Unis, l’Australie, la Chine, l’Inde, la Russie et l’Indonésie qui ont des potentiels de développement de gaz non conventionnels, mais peu de données sont disponibles sur ces capacités qui ne sont pas exploitables avant une dizaine d’années.
Regroupés depuis 2008 au sein du Forum des pays exportateurs de gaz ( FPEG), ces pays s’organisent et entendent peser dorénavant d’un poids équivalent à celui de l’OPEP sur le marché énergétique pour faire appliquer notamment «des prix plus équitables». Les prix du gaz sont actuellement fixés soit dans le cadre de contrats à long terme, qui peuvent être indexés sur le prix du pétrole, soit sur le marché au comptant ou marché spot. Outre Oman, admis dernièrement, le FPEG regroupe l’Algérie, la Bolivie, l’Egypte, la Guinée équatoriale, l’Iran, la Libye, le Nigeria, le Qatar, la Russie, Trinité-et-Tobago et le Venezuela. Le Qatar et la Chine font leur entrée parmi les dix plus gros producteurs mondiaux. Trois pays – la Russie, l’Iran et le Qatar – se partagent actuellement 53,2% des réserves de gaz conventionnel prouvées dans le monde.
Le gaz algérien
016 novembre 2011
par Liès Sahar
dans Monde
La production brute de gaz naturel en Algérie a atteint environ 192 milliards de mètres cubes durant l’année 2010, selon des statistiques établies au niveau du secrétariat de l’OPEP.
Près de 84 milliards de mètres cubes ont été commercialisés sur les marchés international et national. Sur ce volume, plus de 95 milliards de mètres cubes ont été réinjectés. Les exportations de gaz naturel ont dépassé les 57 milliards de mètres cubes, alors que les ventes de gaz naturel sur le marché national ont atteint environ 27 milliards de mètres cubes. Les réserves de gaz naturel, qui étaient de 3300 milliards de mètres cubes à la fin de l’année 1990, ont connu une hausse importante dès le début de la décennie 1990 avec les grandes découvertes faites parallèlement à celles du pétrole.
Depuis le début de la décennie 2000, elles ont été consolidées à 4500 milliards de mètres cubes à la fin de l’année 2010 malgré les volumes énormes consommés sur le marché national et les volumes exportés, soit plus de 800 milliards de mètres cubes. Cette consolidation est surtout due aux découvertes faites chaque année et qui compensent les volumes commercialisés. Ces réserves doivent encore connaître une hausse extraordinaire avec la confirmation des réserves de gaz non conventionnels. Lors d’une rencontre sur l’énergie à Houston, en mars dernier, le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, avait annoncé que, selon les premières estimations, les réserves de gaz non conventionnels en Algérie seraient du même ordre que celles des Américains ; elles se situeraient autour de 25 000 milliards de mètres cubes.
Les réserves pourraient ainsi être multipliées par 6.
Pour un juste prix du gaz
016 novembre 2011
par Liès Sahar
dans Monde
Les pays membres du Forum des exportateurs de gaz (FPEG ) ont appelé, hier, à la nécessité de parvenir à un prix équitable concernant le gaz naturel qui serait basé sur le prix du pétrole brut. Dans une déclaration adoptée par le 1er Sommet des chefs d’Etat, hier à Doha, les pays exportateurs de gaz naturel ont axé leur déclaration sur trois principaux aspects.
Le premier concerne le prix du gaz naturel et les pays membres ont relevé «le besoin de parvenir à un prix équitable pour le gaz naturel, basé sur une indexation des prix du pétrole brut». Dans ce cadre, la déclaration relève la nécessité de mettre fin à la disparité entre le prix du gaz et celui du pétrole. Le deuxième aspect contenu dans la déclaration a trait aux contrats de vente et d’achat de gaz. Les pays exportateurs de gaz ont souligné «l’importance des contrats gaziers à long terme pour parvenir à un mécanisme équilibré de partage des risques entre producteurs et consommateurs». En troisième lieu, concernant le volet de la coopération et du partenariat, les pays membres du FPEG ont appelé au «renforcement de la coopération entre ses Etats membres et les pays consommateurs, notamment en matière de technologie». La défense du principe des contrats à long terme par les pays exportateurs résulte du fait que les projets gaziers nécessitent des investissements à long terme et leur amortissement se fait aussi sur le long terme.
Pour les pays membres du Forum, les projets gaziers imposent des «investissements à long terme qui nécessitent une certaine stabilité des marchés, de la transparence et des prix équitables». Alors que les organisateurs avaient annoncé la présence du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et de plusieurs autres chefs d’Etat, le sommet, qui a eu lieu en une seule journée, a finalement enregistré la venue du président du Conseil national de transition (CNT) libyen, Moustapha Abdeljalil. L’Algérie était représentée par une délégation dirigée par le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika. Dans son discours d’ouverture, l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, a déclaré qu’«il est illogique que les écarts entre les prix du pétrole et du gaz augmentent en faveur du pétrole» alors que la consommation de gaz ne cesse de croître dans le monde.
Pour le responsable qatari, «la défense des intérêts des pays producteurs ne se fera pas aux dépens des pays consommateurs », a-t-il indiqué.
Pour sa part, lors de son discours au Sommet, le président Bouteflika a déclaré que «l’Algérie a toujours respecté ses engagements à l’égard de ses partenaires, que ce soit pour le gaz ou pour le pétrole. Notre crédibilité, jamais prise en défaut, est à ce prix que nous l’avons parfois payé très cher», soulignant «la nécessité de réunir les conditions d’un partage équitable de risques entre pays producteurs-exportateurs et consommateurs à même de favoriser le développement de nouveaux projets gaziers». Ce partage équitable des risques passe par la pérennité des contrats à long terme dans l’industrie gazière, selon des déclarations de plusieurs responsables des pays exportateurs de gaz.
Avec l’adhésion du sultanat d’Oman entérinée au cours de ce sommet, le FPEG regroupe actuellement 12 pays. Il s’agit, en plus d’Oman, de l’Algérie, la Bolivie, l’Egypte, la Guinée équatoriale, l’Iran, la Libye, le Nigeria, le Qatar, la Russie, Trinité-et-Tobago et le Venezuela. Le Kazakhstan, la Norvège et les Pays-Bas ont le statut d’observateurs. Les membres du FPEG détiennent 70% des réserves mondiales de gaz naturel, assurent 40% de la production mondiale et 60% des exportations mondiales.
Ligue arabe : Le rendez-vous de la dernière chance
016 novembre 2011
par Zine Cherfaoui
dans Monde
L’avenir immédiat du régime syrien va probablement se jouer aujourd’hui au Maroc. Face au refus de Damas d’appliquer son plan de sortie de crise, la Ligue arabe a décidé, en effet, de tenir une nouvelle réunion – celle-ci se tiendra en marge de travaux de la 4e session du forum de la coopération arabo-turque – à Rabat pour déterminer la conduite à tenir vis-à-vis de ce pays qui a franchi le Rubicon de la répression.
La Turquie, qui abrite une grande partie de l’opposition syrienne et qui a adopté, ces derniers temps, une attitude frontale vis-à-vis du régime de Bachar Al Assad a, bien entendu, tenu à y assister.
Il se peut bien que ce rendez-vous de la Ligue arabe soit celui de la dernière chance pour Damas dans la mesure où les monarchies arabes du Golfe se sont fermement opposées, hier, à la tenue du sommet arabe extraordinaire réclamé par la Syrie. «Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) estime que la demande de la tenue d’un sommet arabe dans ces circonstances est inutile» vu que les ministres arabes des Affaires étrangères doivent se réunir mercredi (aujourd’hui, ndlr) à Rabat, a affirmé dans un communiqué, mardi à Riyad, Abdelatif Zayani, le secrétaire général du CCG qui regroupe 6 pétromonarchies.
Celles-ci ont en commun d’être toutes en froid avec la Syrie. Cette réunion extraordinaire de Rabat intervient à un moment où la Syrie a connu l’une des semaines les plus meurtrières depuis le début, en mars, des manifestations anti-régime. Plus de 70 personnes (entre civils et militaires) ont été tuées en l’espace d’à peine de 24 heures. L’ONU évalue, rappelle-t-on, à 3500 le nombre de personnes qui sont tombées sous les balles de l’armée syrienne depuis le mois de mars dernier. Ajouté à cela, le pays sombre chaque jour un peu plus dans le chaos.
Que se passera-t-il si la Syrie – qui se dit «victime d’un complot américain» – refuse encore d’«obtempérer» ? La crise syrienne risque tout simplement de s’internationaliser et de se militariser davantage. Dans les faits, le dossier syrien s’est déjà internationalisé. Et il n’est pas faux de dire que le temps joue, désormais, contre Bachar Al Assad puisqu’il a déjà perdu le contrôle de la situation à tous points de vue. A commencer par le pendant diplomatique de la crise.
Pour preuve, la Turquie a quasiment reconnu le Conseil national syrien (CNS) qui rassemble une partie de l’opposition et qui a été formé au fil de plusieurs réunions sur son sol. Comme il fallait s’y attendre, les prises de position turques et arabes ont conforté Washington et Bruxelles qui, de leur côté, multiplient les sanctions pour asphyxier Damas. Aujourd’hui, Ankara pourrait encore annoncer des mesures contre le régime syrien dans le cadre de cette concertation turco-arabe. Selon des sources diplomatiques, le gouvernement turc chercherait uniquement la couverture arabe pour donner le «coup de grâce» à son ancien allié.
Résultat des courses : la Syrie n’a plus comme alliés que la Russie et la Chine, qui bloquent toujours toute action au Conseil de sécurité de l’ONU. Moscou et Damas sont liés par un traité de défense qui remonte à l’ère soviétique. Mais même Moscou – qui est passé maître dans l’art du double jeu – paraît agir comme elle l’a fait en Libye. Sinon, comment expliquer que les Russes ont commencé à établir des contacts avec l’opposition syrienne ?
Autre élément qui dénote de l’évolution de la position russe : le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné, hier, «dans les termes les plus fermes», les attaques perpétrées contre plusieurs ambassades en Syrie. D’ordinaire divisé sur la Syrie et la répression sanglante des manifestations, le Conseil a exprimé «sa profonde inquiétude à propos de la répétition de telles attaques». Inutile de dire que cette condamnation n’aurait pas pu se faire sans l’aval de Moscou et de Pékin. Comme quoi en diplomatie, rien n’est jamais acquis. Encore moins définitif. Conséquence : la Syrie est un pays isolé du monde, tout comme l’est d’ailleurs l’Iran, son dernier allié.
Le revirement inattendu de la Russie
Eu égard à l’urgence de la situation en Syrie, la Ligue arabe avait, rappelle-t-on, suspendu le 12 novembre dernier la participation de la Syrie à ses réunions. Cette suspension doit d’ailleurs prendre effet aujourd’hui. L’organisation panarabe avait également menacé le régime syrien de sanctions si jamais il continuait à ignorer ses recommandations de sortie de crise.
Pour le moment, la seule concession faite par Damas a consisté en la libération, hier, de 1100 manifestants «impliqués» dans les événements, parmi lesquels figure l’opposant Kamal Labouani, condamné à 12 ans de prison pour avoir engagé des «contacts» avec les Etats-Unis visant à les inciter à attaquer la Syrie.
A travers ce geste pris sur le tard, Bachar Al Assad parviendra-t-il vraiment à accréditer l’idée que la Syrie est en train de changer de cap ? Certainement pas au vu du terrible drame que les Syriens ont vécu ces derniers mois. En tout cas, à l’heure qu’il est, personne n’en est vraiment convaincu.
Yémen : Taëz et Sanaa maintiennent le souffle de la révolte
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Des accrochages ont eu lieu hier à Taëz, dans le sud-est du Yémen, tandis qu’à Sanaa une marche de protestation a été organisée, au lendemain de la mort de 15 civils dans la répression de manifestants, rapporte l’AFP.
Des échanges de tirs ont eu lieu dans le quartier Al Hassab, à Taëz, entre les forces gouvernementales et des combattants tribaux, qui soutiennent les protestataires réclamant le départ et la poursuite en justice du président Ali Abdallah Saleh, ont ajouté les témoins, sans faire état de victimes. Un appel à la grève générale, lancé par de jeunes protestataires, a été suivi dans plusieurs quartiers de Taëz, notamment sur l’avenue Jamal, principale artère commerciale de la ville, où les commerces ont baissé rideau, selon des militants. En outre, des milliers de personnes, rassemblées sur la place de la Liberté, épicentre de la contestation à Taëz, ont participé à une marche de protestation contre les bombardements meurtriers de la veille, selon des habitants. Une marche similaire a eu lieu à Sanaa où des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans plusieurs quartiers avant de regagner, dans le calme, la place du Changement, épicentre de la contestation.
L’armée a bombardé, vendredi, à l’artillerie lourde un rassemblement anti-régime à Taëz, faisant 15 morts dont des femmes et des enfants, et une quarantaine de blessés, selon des sources médicales. L’escalade de la violence à Taëz a coïncidé avec la nouvelle mission de l’envoyé de l’ONU au Yémen, Jamal Benomar, qui tente une nouvelle fois d’amener le pouvoir et l’opposition à conclure un accord sur une transition politique, prévue par un plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe. Ce plan prévoit la démission du président Saleh, au pouvoir depuis 1978, en échange d’une immunité pour lui-même et ses proches. Mais Abdellah Saleh, accusé par les protestataires de corruption et de népotisme, a refusé jusqu’ici de signer le plan élaboré au printemps, accentuant la tension dans le pays où la répression du mouvement de contestation a fait des centaines de morts et des milliers de blessés depuis janvier.
«Le président Saleh rejette totalement l’initiative du Golfe», a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’opposition yéménite, Mohamed Qahtan, qui en veut «pour preuve ce qui se passe à Taëz pour les protestataires pacifiques». Il a fait état d’«une entente entre le Front commun (opposition) et le Congrès populaire général (CPG au pouvoir) sur un mécanisme d’application du plan du Golfe» mais «le président Saleh refuse définitivement de signer ce plan», prolongeant, selon lui, l’impasse dans le processus d’un règlement politique.
Une décision «illégale» selon Damas
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Damas a qualifié hier la décision de la Ligue arabe de suspendre la participation des délégations syriennes aux réunions du conseil de la Ligue et de ses instances d’«illégale et contraire au traité» de l’organisation panarabe.
Le conseil de la Ligue arabe a décidé, hier au Caire, à l’issue de la réunion extraordinaire sur la crise qui secoue la Syrie depuis la mi-mars, la suspension à partir du 16 novembre de la participation de la Syrie à toutes les réunions de l’organisation panarabe et de ses instances tant que le plan arabe de sortie de crise n’aura pas été mis en œuvre.
Dans une première réaction officielle rapportée par l’agence Sana, Youssef Ahmad, l’ambassadeur syrien auprès de l’organisation panarabe, a accusé «l’administration de la Ligue de suivre un programme édicté par les Occidentaux et les Américains». C’est une décision qui «met fin à l’action arabe commune, et prouve que l’administration (de la Ligue) suit un programme édicté par les Américains et les Occidentaux», a affirmé M. Ahmad.
